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Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Sans lait, ni haine, ni gluten

Comme je vous l’ai expliqué dans mon billet sur le sommeil des bébés, il est normal que votre petit fasse de plus ou moins petits bruits pendant son sommeil. Ma formidable sage-femme qui est venue régulièrement chez moi pour les suites de couches puis pour ma rééducation périnéale (il faudra qu’on en parle, aussi) a tout de même trouvé que les petits bruits de mon bébé étaient, comment dire, monstrueux ! Avec le recul, il est vrai que cela s’apparentait davantage au bruit que fait un bucheron canadien au moment où sa hache entame l’écorce d’un érable qu’au gazouillis que j’espérais… Bref, mon bébé à trois mois c’était déjà Monica Seles à Roland Garros.

Concomitamment, les selles de bébé se sont ramollies et leur expression est devenue toute une histoire : bébé fait la tête, lance ses jambes en tout sens, m’arrache un téton, serre les points, arrête de respirer, pète joyeusement sans que rien ne suive et cela jusqu’à ce qu’on le redresse. IL faut alors le tenir sous les bras, en lui appuyant les pieds sur une surface plane pour qu’il se retrouve « à la turque » et pousse en silence, le faciès soulagé.

Je suis donc allée voir mon pédiatre qui m’a dit « ouh ! mais ce sont justes des petites colites (oui, des colites et pas des coliques mais apparemment c’est pareil). Je vais vous donner des probiotiques. » Effet prévu sous trois semaines, plus qu’à prendre son mal en patience. Une autre crise de colite m’ayant emmenée en urgence le samedi matin chez la remplaçante du pédiatre et m’ayant offert la même conclusion, j’ai décidé de consulter la formidable kinésithérapeute ostéopathe magnétiseuse (en cheville, je l’avoue, avec ma formidable sage-femme et un peu rebouteuse sur les bords) qui s’était occupée de ma luxation du coccyx après mon accouchement.

Après avoir sondé ses énergies et parlé avec son moi profond par imposition des mains (je ne sais pas comment ça marche mais ça ressemble à ça), ma formidable rebouteuse a diagnostiqué chez mon bébé une possible intolérance au gluten, une petite thermie et une difficulté à faire rentrer son âme dans son corps.

La thermie, c’était facile à gérer : un body en coton + un body en merinos + des chaussettes + des chaussons en laine + pour sortir des chaussons en peau de mouton.

L’âme et le corps, ma foi, je n’étais pas très inquiète, il aurait bien le temps. Son conseil étant de capter le plus possible son regard, c’était facilement jouable.

Pour le gluten, en revanche, j’avais vraiment la haine. Ayant déjà supprimé de mon alimentation les protéines de lait de vache (PLV) responsables de nombreux maux intestinaux chez les petits, je me retrouvais à devoir chasser également les traces de blé, seigle, épeautre (eh ! oui, même l’épeautre), orge (ah… la bière… bon, en même temps, pas de bière pendant l’allaitement, hein…) et kamut (là je dois avouer que cela ne me pose pas de problème, je ne sais même pas ce que c’est). En gros, cela veut dire : pas de pain, pas de pâtes, pas de semoule, pas de pâtisseries ni de viennoiseries, pas de fromage (de vache mais il paraît que brebis et chèvre ne valent pas mieux… oups !), pas de lait, pas de yaourts, etc. J’ai cru que j’allais pleurer. Et puis j’ai acheté un bouquin de pâtisserie sans lait ni gluten très sympa. Au lieu de ressembler à une bible new age qui vous guide dans les préparations macrobiotiques, c’est un ouvrage aux photos bien léchées, ultra glamour dans sa présentation et qui propose des desserts classiques sans lait ni gluten : le riz au lait sans lait (de vache), les crêpes sans blé, le clafoutis sans farine ni lait… bref je le conseille à toute mère déprimée par la nouvelle de cette possible intolérance.

Les recettes sont réalisées avec des ingrédients de substitution : il y a un nombre inouï de farines à notre disposition ainsi que beaucoup de lait végétaux utilisables en pâtisserie. En introduction, les auteurs expliquent les vertus de tel ou tel ingrédient et si l’on s’y connaît un peu en pâtisserie, on peut même réussir à aménager ses propres recettes sans lait ni gluten.

Dans toutes les farines que j’ai testées (sarrasin, châtaigne, riz blanc, riz demi-complet), ma préférée est celle de riz demi-complet. Je trouve qu’elle permet de réaliser des gâteaux dont le goût se rapproche de nos attentes. Et pour le lait, j’utilise de préférence du lait de riz et non du lait de soja. La farine de châtaigne est très forte en goût, il vaut mieux la mélanger avec d’autres. Idem pour le sarrasin, très rustique et qui donne l’impression, à chaque fois qu’on la met dans une préparation, de manger une galette bretonne. On peut aussi user et abuser des fécules de pomme de terre ou de maïs. Ces ingrédients sont finalement assez classiques et faciles à trouver, même en grande distribution (pas toujours en bio si c’est le cas) ou en magasin bio. Vous pouvez aussi utiliser de la farine de manioc ou de quinoa (là, même si c’est une farine très bonne, je suis franchement contre car la culture désormais quasi industrielle du quinoa pour faire plaisir aux bobos a des effets extrêmement néfastes sur l’écosystème andin et ses populations).

Ainsi, même si les débuts sont extrêmement anxiogènes car toute notre alimentation occidentale est fondée sur ces produits, un tour en magasin bio et une légère évolution (forcée) des goûts personnels permet en général de s’en sortir honorablement.

Bref, cette aventure nous vaut donc une nouvelle rubrique de blog (sans lait ni haine ni gluten) et promis, au moins trois recettes de cakes, une recette de clafoutis aux légumes et une recette de pain (moelleux dedans, croquant autour). Faut pas se laisser abattre !

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