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Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

La princesse au petit pois déchue de son matelas...

Avant, pour m’endormir, c’était toujours toute une histoire. La porte de l’armoire n’était pas bien fermée, je râlais jusqu’à ce que quelqu’un (pas moi) se relève pour la fermer. Les volets n’étaient pas bien descendus, je me retournais sans cesse jusqu’à ce que quelqu’un (pas moi), se relève pour les baisser. Du bruit dans le hall de l’immeuble, je critiquais ces voisins qui rentraient après 21h30. Une motobylette pétaradant dans la rue, je maugréais contre les jeunes désœuvrés en été. Un conjoint qui se retourne, je tirais la couette bien violemment vers moi pour m’y enrouler.

Avant, je ne dormais que dans des draps en percale ou en satin de coton, le visage enfoui dans des oreillers en plume qui ne pique ni ne gratte, dans une chambre chauffée à 19°C pas plus.

Avant, au moment de fermer l’œil, je vérifiais que les rideaux étaient bien jointifs, que la lumière du réveil était bien éteinte, que mes bouchons d’oreille étaient bien mis (en me parlant tout haut pour m’assurer de leur étanchéité sonore), que mes oreillers étaient dans le bon ordre (le dur en dessous, le moelleux sous ma tête) et que le moelleux était dans le bon sens (l’ouverture de la taie vers le matelas et vers la tête de lit). Je pouvais alors essayer de m’endormir, apaisée (ou presque) pour une durée continue de huit heures (sans quoi je décrétais que la nuit avait été mauvaise).

Aujourd’hui, j’ai appris à dormir par tranche de vingt minutes, assise sur une chaise et tenant un bébé dans mes bras (qui tête ou qui dort ou qui pète, bref qui fait sa vie mais moi je dors pendant ce temps-là). Je m’effondre souvent là où c’est possible (train de banlieue, tabouret dans la cuisine, siège du shampoing chez le coiffeur, salle d’attente du gynécologue, tapis du salon, fauteuil dans la chambre du bébé) pour m’y assoupir le temps que j’ai devant moi (5 minutes, une demi-heure, une nuit). En règle générale je m’endors en moins de 2 minutes sans me rendre compte que la voisine du dessus talonne son parquet à 21h30, que la porte qui mène à la cave crisse de plus en plus ni que les jeunes hurlent dans la rue (la faute aux vacances de Toussaint). Je n’entends même plus les éboueurs.

Lorsque j’enchaîne plus de deux heures de sommeil d’affilé, il me semble revenir de vacances. Et quand au matin j’additionne les quarts pour me rendre compte que l’un dans l’autre j’ai dormi plus de huit heures (bah oui, de 21h45 à 4h (avec un réveil rapide à 2h pour m’étonner qu’il n’y ait pas de bruit puis de 4h40 à 6h45),je me sens reposée comme jamais. J’ai même plusieurs fois constaté au matin que mes oreillers étaient dans le mauvais sens, que la porte de l’armoire était restée ouverte et que la lumière que le réverbère disperse dans notre chambre à travers les volets ouverts est tout à fait acceptable.

Bref, avant j’étais une princesse au petit pois, mais ça c’était avant.

La princesse au petit pois déchue de son matelas...

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