Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Quand lait maternel et crèche municipale font bon ménage

Sur ma liste de naissance, j’avais proposé à mes amis de m’offrir un livre de Claude-Suzanne Didier-Jeanjouveau sur la femme allaitante qui travaille. En France, on nous encourage, nous les jeunes mères, à allaiter notre enfant le plus tard possible, au moins six mois conformément aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. Pour couper court à toute polémique et vu les difficultés que mon bébé et moi avons rencontrées dans la mise en place de l’allaitement, je tiens à rassurer les autres femmes qui ont essayé : même si vous n’allaitez que trois jours, que trois semaines cela sera extrêmement bénéfique à votre enfant et à vous-même. D’ailleurs vous ne devriez pas dire « je n’ai allaité QUE trois jours » mais « j’ai réussi à allaiter TROIS jours » et en être fière. En effet, nous ne sommes guère aidées par les professionnels de santé dans notre pays et les maternités ont tôt fait de nous convaincre, devant une montée de lait tardive, des crevasses importantes ou une faible prise de poids du bébé, de passer au biberon et au lait industriel. Je viens d’ailleurs de lire dans cette étude qui nous dit également que 29% des enfants de 3 mois mangent devant un écran (de télé, d’ordinateur, de tablette…), que seules 16% des enfants de 8 à 11 mois sont encore allaités par leur mère… je me sens comme une sorte de Super Hero (« Wonder Bra », c’est moi).

Lorsque l’on a pu dépasser toutes ces turpitudes, que l’allaitement est bien installé (en général au bout de six semaines, vous savez donc, Mesdames qu’il faut « tenir bon » tout ce temps) et qu’on y prend plaisir avec son enfant, il est déjà temps de le sevrer. Eh ! oui, notre congé maternité, certes assez généreux pour le monde actuel, ne nous permet de rester chez nous proche de notre petit que deux mois et demi après sa naissance. En général il nous est dit que le sevrage prend deux semaines, donc au bout de 6 à 8 semaines d’allaitement, si vous décidez de retravailler tout de suite, c’est fini ! Quel dommage, quand on pense à tous les moments difficiles qu’on a passés…

Pas de panique, plusieurs solutions pour poursuivre l’allaitement : prendre des congés payés, des RTT, etc. et les accoler au congé maternité. Ca va un temps, ça ne permet pas de tenir les trois mois et demi restant… on envisage alors la prise d’un congé parental (ce qui fut mon cas). De toute façon, au bout de six mois, on retourne travailler. Pour autant, il est possible de continuer l’allaitement, en tirant son lait et en le laissant à la personne / structure qui s’occupera de son petit en son absence.

J’ai eu la chance d’obtenir une place en crèche municipale et qui plus est, j’ai eu la chance que la crèche municipale dans laquelle j’avais obtenu une place pour mon petit soit favorable au maintien d’une alimentation à base de lait maternel. A l’heure où j’écris ces lignes, je continue donc de tirer mon lait et de l’apporter à la crèche le matin avec mon petit.

Pour pouvoir procéder ainsi, il faut :

  • Que votre petit soit prêt à prendre des biberons. Ce n’est pas toujours le cas pour les bébés allaités. Bien souvent on ne les a pas habitués à cela. J’ai habitué mon petit à prendre des biberons quand il a eu 2 mois. Comme j’avais du mal, je les ai fait donner par d’autres personnes comme ses grands-parents. Cela l’a habitué à être nourri au biberon par des « étrangers » et a grandement facilité l’entrée à la crèche (qui, en soit, est une belle performance sportive…). Evidemment il y a ce risque de confusion sein / tétine mais c’est surtout avant 6 semaines. Vous pouvez utiliser, pour l’éviter, des tétines spéciales comme la CALMA de Medela (je n’ai pas apprécié), ou les tétines AVENT naturel ou les tétines Tommee Tippee ;
  • Que vous ayez un tire-lait (manuel ou électrique) et sachiez tirer votre lait. L’expression manuelle est possible mais fastidieuse ;
  • Que vous gériez votre production lactée.

Gérer la production lactée, ça veut dire s’organiser pour tirer du lait de réserve après la tétée de votre petit au début lorsqu’il est avec vous, en prévision des moments où il ne sera pas avec vous puis tirer du lait chaque fois qu’il téterait s’il était avec vous. Avant de vous lancer dans un allaitement « à distance », il faut donc que vous ayez quelques réserves, que vous aurez constituées au fil de votre allaitement.

Quand lait maternel et crèche municipale font bon ménage

Concrètement, au bureau, comment ça se passe ?

Pour recueillir son lait au travail, il faut s’équiper un peu… d’une tire-lait notamment mais également de contenants et d’un système qui permet de conserver le lait à une température évitant qu’il ne tourne ou que les bactéries ne profilèrent. Bref, il vous faut une glacière !

Les marques qui vendent les tire-lait proposent souvent des sacs avec un compartiment réfrigéré. J’ai trouvé ça cher et encombrant donc j’ai bidouillé mon propre système. J’utilise un sac à dos assez grand dans lequel je glisse un sac à congélation Picard dans lequel je glisse un pain de glace synthétique qui a passé la nuit au congélateur. Quand je rentre chez moi le soir, mon lait est encore bien frais et je le replace au réfrigérateur illico-presto.

Comment conserver le lait ?

Le lait maternel recueilli par vos soins se conserve 24h au réfrigérateur. La Leche League propose les durées de conservation suivantes (AVERTISSEMENT : ces durées ne sont pas cumulatives) :

Dans l’état actuel des recherches, on peut dire que le lait se conserve :
- à température ambiante (19 à 22°), pendant de 4 à 6 heures (max 8h),
- à 15°, pendant 24 heures,
- au réfrigérateur (0 à 4°), jusqu'à 8 jours,
- dans le compartiment pour surgelés d’un réfrigérateur, pendant deux semaines,
- dans le compartiment 3 étoiles d’un combiné réfrigérateur-congélateur, pendant trois à quatre mois,
- dans un congélateur séparé (-18°), pendant plus
de six mois.

Après son recueil, laissez-le refroidir à température ambiante environ 20 minutes avant de le verser dans un contenant approprié et de le placer au réfrigérateur (à +4°C donc pas dans la porte de votre réfrigérateur) ou au congélateur. Le contenant devra être étiqueté avec la date de recueil et la quantité recueillie.

Le contenant peut être un des biberons en plastique vendus avec les tire-lait et équipés d’un capuchon qui n’est pas une tétine. Ce sont ceux que j’utilise la journée au bureau car ils sont incassables donc aucun risque à les trimballer dans mon sac, et présentent des graduations donc je sais exactement combien j’ai tiré. Le reste du temps, j’utilise des pots en verre, type pot à confiture ou conserves de légumes. Les petits contenants sont très pratiques car vous ne congèlerez jamais de grosses quantités de lait dans un même contenant. En effet vous ne savez pas toujours ce que votre bébé va consommer et la décongélation est tellement rapide (et la recongélation IMPOSSIBLE) et votre lait tellement rare et précieux, que mieux vaut optimiser vos ressources. Donc on congèle le lait par petite portion. Pour un bébé jusqu’à 4 mois, vous pouvez congeler des quantités de 20 à 60 ml. De 4 à 7 mois, des quantités allant jusqu’à 120 ml. Ensuite on peut à nouveau réduire les quantités congelées car le bébé va consommer moins de lait d’un coup du fait de la diversification alimentaire.

Certaines marques proposent aussi des poches plastiques spéciales recueil et congélation du lait. C’est assez pratique mais horriblement cher (près de 1€ le sachet). J’ai utilisé une boîte cadeau et me suis rabattue sur mes pots à confiture.

Combien de temps conserver le lait congelé ?

Moi je vous dirais bien qu’on peut le conserver plusieurs mois mais d’une part vous vous rendrez rapidement compte que les réserves filent vite et d’autre part la composition du lait maternel évoluant au fur et à mesure de la croissance du bébé, il est plutôt malin d’avoir toujours en réserve un lait « pas trop ancien » qui correspondra aux besoins du bébé au moment M. En pratique je n’ai pas conservé un pot de lait plus de un mois. Si besoin, vous pouvez écouler votre surplus de lait en réalisant des recettes de cuisine spéciales bébé : crème au lait et à la maïzéna, petites crêpes, etc.

Comment décongeler le lait ?

Ne laissez jamais le lait décongeler toute la journée sur votre plan de travail. Ne décongelez jamais le lait maternel au micro-onde car cela dégrade sa qualité nutritive et ses anticorps. Le mieux est soit de laisser le lait décongeler lentement dans le réfrigérateur (mais il faut ensuite le consommer très rapidement), soit de décongeler le lait au bain-marie. J’ai essayé beaucoup de solutions et la plus simple est de placer son petit pot dans un saladier ou une casserole ou un pot plus haut, de faire bouillir de l’eau et de la verser autour du petit pot, en s’arrêtant avant d’arriver au couvercle.

Laisser « infuser » et remuer régulièrement le petit pot. Vingt minutes plus tard : ding ! c’est prêt. En bon appétit bien sûr.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article