Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Tirer son lait : trois écoles au banc d’essai

Je n’y avais pas pensé au début (c’est-à-dire avant ma grossesse) mais il est possible de continuer à allaiter son enfant même quand on n’est pas avec lui. Il y a quelques semaines, j’ai vu à la télévision un médecin qui essayait de rassurer les femmes qui n’allaitent pas leurs enfants en expliquant que toute femme allaite, soit au moyen de son sein, soit au moyen d’un biberon. Pourquoi pas mais j’ai trouvé cette rationalisation un peu gênante. J’ai donc cherché la définition du verbe « allaiter » qui signifie en fait « nourrir de son lait ». En cela le média par lequel on nourrit l’enfant, le sein ou le biberon (ou la cuiller, ou la pipette, ou autre) ne compte pas. Ce qui compte c’est de nourrir son propre enfant avec le lait que l’on produit soi-même pour lui. Ce qui, de mon point de vue, exclut de la notion d’allaitement le fait de nourrir son enfant avec un lait industriel. Et ceci ne constitue en rien un jugement de valeur à l’encontre des femmes qui font ou subissent ce choix.

Tirer son lait : trois écoles au banc d’essai

Donc, il est possible d’allaiter son enfant (le nourrir de son lait) même quand on n’est pas avec lui. Forte de cette constatation, j’ai commencé à me renseigner sur l’allaitement au travail (excellent petit ouvrage de C.-S. Didierjean-Jouveau pour guider la mère allaitante qui souhaite reprendre le travail et poursuivre l’allaitement). C’est dans ce contexte que j’ai découvert les différentes techniques à ma disposition pour tirer mon lait. Bon, c’est vrai que c’est aussi parce que j’ai souffert d’engorgements à répétition et de crevasses monstrueuses au début de l’allaitement que je me suis renseignée sur ces techniques.

La première technique, c’est l’expression manuelle.

Exprimer son lait c’est le faire couler de son sein. On ne dit pas « traire », le lait qui sort de notre corps est un liquide riche et sacré, qu’il faut respecter. D’ailleurs la législation française en la matière est très claire et très stricte : il est interdit d’en faire commerce, au même titre que ses organes ou son sang. Tout au mieux peut-on en donner le surplus (code de la santé publique et don de lait au lactarium ).

Cette première technique consiste, d’un geste très simple, à faire couler le lait du sein en exerçant une pression depuis le torse jusqu’à l’aréole. Cette technique est très pratique pour quand on est coincé dans la jungle, à mille miles de tout tire-lait… Le mieux, pour la maîtriser, est de demander de l’aide à une sage-femme ou à une femme dont on sait qu’elle la pratique. Sinon il est possible de suivre ces vidéos explicatives.

Cette technique a l’avantage d’être utilisable tout le temps et en tout lieux. Elle permet aussi de ne pas avoir à gérer l’assemblage, le nettoyage et le rangement d’un tire-lait classique, ce qui est très pratique pour verser quelques goûtes de lait dans la purée (diversification), dans le bain (peau sèche), dans les yeux du bébé (conjonctivite) ou dans ses narines (nez bouché). Pour exprimer de grandes quantités de lait, elle n’est toutefois pas très compétitive, si je puis dire, surtout lorsque le temps vous est compté (donc lorsque vous êtes maman travailleuse et allaitante, puisque le temps qui vous est imparti quotidiennement n’excède pas une heure).

Pour les plus pressées il y a donc le tire-lait.

Personnellement j’ai testé deux types de tire-lait : manuel d’une part, électrique d’autre part. En règle général, on entend dire que les tire-lait électriques nécessitent une bonne dose de courage et d’inconscience (il paraît que ça tiiiiiire). J’ai eu la chance de pouvoir m’équiper d’un tire-lait électrique neuf, moderne et dont la force d’expression est modulable. De ce fait, je n’ai pas ressenti de douleurs particulières (sauf celles liées au choix de la taille de la téterelle : lorsque vous utilisez un tire-lait électrique, il faut opter pour la bonne taille de téterelle et ce n’est pas toujours évident de savoir laquelle choisir. Les tire-lait sont vendus par défaut avec une téterelle de taille « M ». Pour en avoir discuté avec d’autres, il faut avoir des tétons énormes pour se sentir bien dans une taille « M ». Le site de Médéla, quoi que l’information soit assez mal traduite en français, propose ce petit test pour savoir si vous avez la bonne taille de téterelle. En gros si le lait ne coule pas bien, si votre téton et la totalité de votre aréole sont aspirés et si vous avez le téton bleu et endolori après l’expression, c’est que vous avez une trop grosse téterelle.).

C’est pour une toute autre raison que ma préférence va au tire-lait manuel. Deux raisons en fait. La première, c’est que je le trouve beaucoup plus efficace ! Je parviens ainsi à exprimer plus de lait en moins de temps. Je pense que cela tient à plusieurs facteurs. Tout d’abord j’utilise le tire-lait manuel Avent vendu dans à peu près toutes les pharmacies de France et de Navarre. Il est équipé d’un coussinet en silicone qui améliore la pression exercée par la téterelle. J’ai lu sur certains forums que quelques femmes étaient gênées par ce coussin de silicone et exprimaient leur lait sans lui. Moi, je dois dire que je l’apprécie. En outre, je déplace très régulièrement la téterelle de mon tire-lait manuel autour du mamelon de manière à drainer la totalité du sein, comme le fait le bébé. Et j’exerce une pression plus ou moins forte sur le sein avec la téterelle (et son coussinet de silicone). Deuxième raison, il est nettement plus pratique, à tous points de vue : encombrement réduit, montage rapide, démontage aisé, nettoyage en deux temps trois mouvements… alors que mon tire-lait électrique (qui, de plus, nécessite soit d’être branché sur le secteur, soit d’être pré-équipé de piles) est assez encombrant (bien qu’il soit vraiment minuscule, environ du diamètre d’un lecteur CD portable et haut de 10 cm maximum), relativement bruyant (le moteur ronronne bien fort), plein de petites pièces à démonter, nettoyer, sécher très soigneusement (sous peine que le tire-lait ne pompe plus efficacement du fait de la présence d’eau dans les tuyaux qui permettent de faire le vide) et remonter. Entre deux sessions d’expression, il faut donc du temps et de la place pour tout briquer.

En 15 minutes avec mon tire-lait manuel, en exprimant le lait des deux seins, je parviens à recueillir 180 ml les jours moyens (150 les mauvais et 220 les jours fastes). Dans le même laps de temps, alors que le tire-lait électrique dont je me suis équipée est à double pompage (= on exprime le lait des deux seins en même temps), je ne dépasse jamais les 150 ml.

Tirer son lait : trois écoles au banc d’essai

Pour atteindre ce rendement manuel, j’ai perfectionné ma technique. Au début j’avais tendance à pomper, pomper, pomper, version Shadok, assez vite, assez fort, sans réfléchir et sans résultat formidable. A la longue, cela me faisait mal à l’épaule du côté du sein concerné et surtout mal à la main droite. J’ai donc essayé plusieurs solutions et ma préférée est de pomper une bonne fois, doucement, et de regarder le lait s’exprimer du sein à travers la téterelle en plastique transparent. On voit un petit jet qui persiste très longtemps. Des goûtes se forment le long des parois de la téterelle et puis un gros « splotch » se fait entendre lorsque l’on laisse la pompe remonter en position initiale. C’est moins fatiguant et plus efficace.

Le tire-lait manuel présente tout de même un inconvénient majeur : quand on pompe, on pompe au détriment de toute autre activité. Certes, au bureau j’en profite pour écouter France Inter mais rien de vraiment productif d’un point de vue professionnel n’est envisageable. Le tire-lait électrique Médéla est proposé avec, en option, un bandeau qui ressemble à un soutien-gorge et permet en fait de maintenir fermement (mais sans douleur) la téterelle sur le sein.

Tirer son lait : trois écoles au banc d’essai

Il est donc possible d’entreprendre quelques activités comme bouquiner, faire ses mails, manger, etc. Si on a un endroit approprié, un fil électrique, de quoi nettoyer le bazar après, c’est vraiment une bonne solution.

Bref, le tire-lait pour working girl n’est pas forcément celui que l’on croit et l’huile de coude a encore de beaux jours devant elle.

Tirer son lait : trois écoles au banc d’essai

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article