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Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Le coup du pot

Il y a quelques jours, je suis sortie plus tôt du bureau pour acheter un pot. Quoi ? déjà ? bébé a bien grandi alors ? il se tient debout ? il marche ? il sait faire fonctionner ses sphincters ?

Pas du tout.

Bébé n’a pas grandi plus que de raison, ne marche pas plus qu’il ne tient réellement debout et pour les sphincters, ma foi, je ne suis pas allée voir. Ceci dit, rien de tout cela ne l’empêche de s’asseoir sur un pot et d’y faire ses petites affaires.

Mais comment diable m’est venue cette folle idée de proposer à mon enfant de 9 mois de se soulager à la demande hors de ses couches ?

A la turque

Tout a commencé alors qu’il était encore bien petit et que mon père était de ce monde. C’est vous dire. Bébé souffrait alors de coliques (un bébé classique en somme) et après avoir supprimé de mon alimentation le gluten et les protéines de lait de vache pour mettre toutes les chances de son côté digestif, j’ai suivi le conseil de mon père qui était de le faire déféquer « à la turque ». Nous connaissons tous ces horribles toilettes de colonie de vacance ou de mauvais camping dans lesquelles il faut s’accroupir et essayer de ne pas s’en mettre plein les chevilles. Si vous vous référez à mon article sur les maux de la grossesse et les solutions pour en finir avec la constipation, vous verrez que les positions préconisées sont très proches de celles que l’on adopte dans des toilettes « à la turque. »

Bref, pour soulager bébé, j’ai commencé à l’accroupir dès que je voyais qu’il avait envie. Corollairement, j’ai pris le parti de ne pas le laisser mariner dans ses couches souillées et de le changer dès son forfait accompli. D’une pierre deux coups : moins de mal de ventre, moins d’érythème fessier. La belle vie, en quelque sorte…

Evidemment je dois ici vous dire que je m’étais un peu renseignée avant l’arrivée de bébé sur les pratiques d’hygiène naturelle infantile et qu’elles me semblaient assez intéressantes. Essentiellement parce que je trouvais relativement inhumain et dégueulasse de laisser son bébé assis dans des étrons mous et acides trop longtemps pour que cela n’ait pas de conséquence sur sa peau et son estime de lui.

Couches lavables, couches bio, hygiène naturelle infantile (HNI), j’avais un vrai sujet défécation à traiter… je l’ai assumé petit à petit.

Premiers pas

Dans un premier temps, j’ai essayé les couches lavables et l’accroupissement. Les couches que j’ai essayées ne m’ont pas convaincue alors je suis restée sur des couches bio. En revanche j’ai prêté attention très rapidement aux signes de bébé qui me disait « hé ! c’est l’heure, là, je vais pousser ! » pour pouvoir l’accroupir à bon escient. On remarque très rapidement ces signes si on est à l’écoute du bébé. Pour le mien, cela survenait en général en fin de tétée. Il se mettait à s’agiter et particulièrement à battre des bras. Pas la peine de continuer à le gaver. Hop, le passage en position accroupie le soulageait tout de suite et la couche était changée dans la foulée.

J’ai ensuite eu une sorte de doute sur les couches bio. Bio jusqu’à quel point d’abord ? un petit tour rapide sur internet m’a permis de comprendre qu’il y avait bio et bio et que les Moltex que je croyais au top étaient en fait plutôt pas trop bio alors que les Naty que j’avais essayées sans réellement les apprécier étaient une sorte d’aboutissement de la R&D de la couche jetable recyclablo-compostable. Je me suis laissée convaincre de les essayer et comme elles sont en « vente libre » dans tous les Monop’, rien n’a été plus facile que de les adopter.

Parallèlement, j’ai décidé de refaire un essai de couche lavable. Alors que j’avais expérimenté plusieurs types de couche + culotte, j’ai choisi un modèle TE2 avec une culotte à scratch et un insert en laine polaire. J’ai choisi des Gro’via (oui, on peut me répondre que Hamac c’est bien aussi, je n’ai pas de justification à ce choix hérétique d’une couche américaine fabriquée en Chine).

A côté de cela, la perspective de gratter de la crotte molle de l’insert des couches avant de les passer au lave-linge m’a incitée à aller plus loin dans mes expérimentations et à prendre exemple sur ma cousine R. et son bébé E. qui pratiquent l’HNI sans complexe et avec succès. Après tout, je savais déjà quand mon bébé faisait puisque je l’accroupissais. Je n’avais plus qu’à sauter le pas : lui retirer sa couche, le positionner à un endroit où il pourrait y aller à son aide et l’encourager. J’ai donc opté pour le lavabo de la salle de bain et ce fut le début d’une grande et belle histoire.

Depuis trois mois maintenant, bébé pratique donc l’HNI dès que je le peux. C’est forcément à temps partiel car malgré toute leur bonne volonté, les auxiliaires de puériculture de ma formidable crèche ne peuvent s’y astreindre.

Comment cela se passe-t-il concrètement ? deux cas de figure : l’envie qui surgit et il faut y répondre (la main qui fait des moulinets à la fin de la tétée, le bébé qui pousse assis sur le tapis de jeu, le regard qui se vide alors qu’on était en pleine interaction… pour reconnaître ces moments, on peut prendre le risque de laisser quelques temps bébé sans couche afin de corréler ses expressions à ses envies urinaires ou de défécation) ou le petit tour à des moments précis (au lever, avant le bain, avant d’aller quelque part, en revenant de quelque part). On s’installe, on enlève la couche et on encourage bébé. On peut associer des bruits (moi j’ai choisi « pssssss » pour le pipi et « hmpppfpffffpfp » pour le reste). Parfois il faut attendre un peu. Parfois ça ne vient pas. On sait que bébé a fini quand il commence à jouer, à s’occuper de tout à fait autre chose. Il m’est arrivée à plusieurs reprises de penser à tort que c’était terminé. Rapatrié sur sa table à langer, alors que j’essayer de lui nettoyer le croupion, bébé s’est mis à pleurer bien fort pour retourner au-dessus du lavabo. C’était limpide.

Quelques liens pour vous montrer que je ne suis pas la seule mère folle dans les pays occidentaux... ceci dit je suis peut-être la seule à le faire percher sur des escarpins à 300 euros...

Bon, tous ces exemples vous montrent des femmes vaillantes qui soutiennent leur bébé à bout de bras, alors...

Pourquoi un pot ?

Parce que porter son bébé au-dessus d’un lavabo ça va jusqu’à 7 kilos. Au-delà ça devient trop lourdingue, surtout quand il décide de prendre son temps (constipation ou super grosse commission). J’ai donc recherché un pot adapté à un bébé petit, qui sait s’asseoir mais à besoin de renfort et de confort. Il me fallait un pot avec un dossier et des accoudoirs, un pot stable et qui évite les débordements. J’ai choisi ce pot Babybjörn pour toutes ces raisons.

Comment mettre un petit bébé sur un pot ?

Le plus simplement du monde, en lui enlevant sa couche, en l’asseyant sur le pot et en lui expliquant de quoi il retourne.

« Bébé, ceci est un pot.

- Agueuh ?

- Absolument, un pot.

- Gragoug.

- Voilà. Donc tu vas t’asseoir sur le pot et faire pipi et plus si affinité.

- Gagagagaga.

- On est d’accord. Tu peux avoir un livre, on va tourner les pages ensemble.

- Tabloublou. »

J’assieds bébé, je me place derrière lui et je reste accroupie dans son dos pendant toute la durée de l’opération. Pas question d’aller faire autre chose pendant ce temps-là. Ensuite on vide le pot, on s’essuie, on se lave, on remet une couche (bio si on va à la crèche ou dehors, lavable si on reste à la maison).

Au final, l’HNI c’est surtout une grande expérience de communication avec son petit (d'ailleurs les Américains appellent ça l'Elimination Communication). Je ne pense pas qu’il sera plus propre qu’un autre avant l’âge, je pense surtout que je comprends les signaux qu’il m’envoie et que je fais ce qui est en mon pouvoir pour le satisfaire également à ce point de vue. Le week-end dernier, à 4h du matin il était très agité et ne parvenait pas à se rendormir. Nous avons fait un petit tour sur le pot qui nous a pris 30 minutes mais ensuite tout était réglé et bébé soulagé s’est rendormi du sommeil du juste. Moi aussi. Du coup, j’aime ce pot.

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