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Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

La bonne position : chronique prophylactique du Gébobolah

Au cours de la grossesse, la femme enceinte est sujette à tous les maux possibles et imaginables. A mon avis et je puis désormais le dire, de ma propre expérience, beaucoup d’entre eux peuvent être apaisés, si ce n’est évités, en adoptant les bons gestes ou la bonne position.

Passons en revue huit cas pratiques.

1. Je me lève

Pour se lever le matin, il faut absolument éviter de faire « comme avant », de s’étirer dans tous les sens et de se lever d’un bond au risque de déclencher des douleurs ligamentaires intenses. La douleur ligamentaire, c’est quand les ligaments qui retiennent l’utérus et qui sont extrêmement sollicités au cours de la grossesse vous infligent une douleur poignante, qui ressemble à une déchirure musculaire au niveau de l’aine. On ne peut pas se tromper, ni les confondre avec des contractions. Si une telle douleur se présente (la plupart du temps quand on se relève de son lit ou d’un canapé), surtout il faut arrêter le mouvement où il en est, respirer profondément, se détendre, attendre que la douleur s’estompe puis adopter le bon geste pour se lever : se coucher sur le côté (en chien de fusil), repousser le matelas ou le sol avec les mains, tendre progressivement les bras (on arrive en position assise) puis se lever doucement sans solliciter ses abdominaux. C’est très pratique. A la longue, on a le sentiment de « rouler » hors de son lit. C’est aussi applicable pour sortir de sa baignoire : on profite de l’eau pour se retourner facilement sur un côté, on fait s’écouler un peu d’eau puis on pousse avec les bras le fond de la baignoire et on parvient à se relever.

2. Je fais un tour aux toilettes

En général, après une nuit de sommeil (ou une demi-nuit voire un quart de nuit), on a très envie d’aller aux toilettes. J’ai constaté que plus j’avance dans ma grossesse, plus la miction me donne de contractions, surtout sur les « gros pipi ». Je procède donc désormais de la même manière systématiquement pour tout type de passage aux toilettes : je positionne ma petite marche sous mes pieds (voir mon billet sur le traitement de la constipation) et cela réduit le risque qu’une contraction arrive ou, quand elle arrive, en atténue son effet. De toute façon, même hors de mes grossesses, je ne vais plus aux toilettes sans ma petite marche, c’est nettement plus confortable.

3. Je prends mon petit déjeuner

Pour le petit déjeuner ou les repas je n’ai que peu de recommandations qui ne soient aussi applicables à la vie de tout un chacun : il faut s’installer le dos bien droit et surtout prendre gare à ne pas écraser son coccyx. Oui, ce rogaton de petite queue qui nous reste en bas du dos… sans forcer l’extension maximale, on gagne vraiment à se tenir à peu près droit, particulièrement en fin de grossesse quand les poumons, l’estomac, le colon, sont de plus en plus comprimés par le bébé. Si en plus on les tasse par le haut, imaginez la place qu’il leur reste pour assurer leur office…

4. Je me douche

Pour des raisons pratiques, je trouve qu’il est moins dangereux de se doucher que de se baigner, parce que je suis quasiment certaine de pouvoir sortir de ma douche sans aide. En revanche je fatigue plus dans ma douche puisque je reste debout mais on n’est pas obligé d’y passer des heures non plus… Je veille surtout à avoir ce dont j’ai besoin à hauteur de main dans la douche pour ne pas avoir à me baisser. A la fin de ma première grossesse, j’ai acheté un solide tabouret de jardin en plastique que j’ai installé dans la douche et il me permettait de m’asseoir. On trouve des tabourets spécifiques pour les douches dans les magasins de matériel médical ou dans les grandes pharmacies. Pour celles qui ont des soucis de contraction, de grosse fatigue ou peur de glisser, ça peut être une solution. Attention toutefois à bien pouvoir se relever du tabouret…

5. J’ai les jambes lourdes

En position de repos, dans un fauteuil ou un canapé, ne pas hésiter à conserver le dos plutôt droit pour ne pas écraser le coccyx et se placer sous les pieds un ou deux coussins pour les surélever. Cela favorise une meilleure circulation du sang. D’ailleurs si on a les jambes lourdes, un exercice très simple issu du yoga permet d’y remédier sans effort, sans médicament et de manière instantanée : on se couche sur le dos, et on utilise une sangle / une grande écharpe / la ceinture du peignoir de bain de monsieur. On laisse la jambe gauche au sol, genou légèrement plié pour éviter les douleurs ligamentaires et une tension abdominale, on lève la jambe droite à la verticale après avoir entouré son pied de la sangle. On conserve la sangle dans la main droite, on tend la jambe droite autant que possible en tirant la sangle à soi (ça ressemble plus ou moins à ça). On doit trouver un équilibre des forces : la jambe tire le bras qui tire la jambe. On reste 60 secondes, on replie doucement la jambe droite, on la redescend, on fait la jambe gauche (et pour se relever, on se roule sur le côté et on procède comme le matin au saut du lit).

6. Mon ventre me pèse / j’ai l’impression que mon fémur va se déboiter

Que mon fémur va se déboiter ? oui, vous avez bien lu ! en fin de première grossesse j’avais régulièrement cette horrible sensation quand je faisais un mouvement du bassin. Pour faciliter l’accouchement, le corps fabrique des hormones qui ont pour effet d’assouplir les articulations. Dans certains cas et pour certains corps (les personnes qui sont naturellement souples ou qui pratiquent un sport axé sur la souplesse et l’ont donc beaucoup travaillée), on aboutit à une hyperlaxie surprenante et dérangeante. Une bonne solution pour réduire les douleurs associées (ce n’est pas juste une impression, ça fait aussi assez mal), c’est de porter en station debout ou pour la marche une ceinture PHYSIOMAT (voir mon billet à ce sujet). Son action de resserrement du bassin est instantanée ! Elle permet aussi de renforcer l’action musculaire du périnée qui commence franchement à en baver et soulage ainsi la sensation de ventre pesant. Dernier avantage non négligeable de cette ceinture, on peut la porter après la naissance également pour resserrer le bassin et retrouver le tonus musculaire de cette zone peu épargnée les derniers mois.

7. Je joue avec mes enfants

Et ! oui, beaucoup d’entre nous ont déjà un enfant (ou plus, oh ! mon dieu…) dont il faut continuer de s’occuper même quand on a mal partout… Personnellement j’ai pris le parti de jouer plutôt au sol avec lui (il a trois ans) et de m’installer dans l’une de ces trois positions : le dos à peu près droit et les jambes en tailleur. Si c’est douloureux, vous pouvez vous entourer de votre coussin de maternité : on s’assied un peu dessus et surtout on se cale les genoux avec, de sorte que les genoux ne pendent pas vers le sol en tirant les ligaments de l’utérus ni en forçant sur le bassin mais soient bien soutenus. Deuxième position : à genoux : si on n’est pas à l’aise, on peut, comme au yoga, s’asseoir sur une petite brique / un dictionnaire. Cette position permet de garder le dos droit et de ne pas écraser le coccyx. Si on écarte les genoux, on peut se pencher en avant très facilement. Troisième position : allongée sur un côté (de préférence le gauche), un coussin (ou une peluche) calée entre les deux genoux, avec le bras (de préférence le gauche) qui soutient la tête (bras replié, tête posée dans la main). On pourra se relever facilement en utilisant la même technique que le matin.

8. Je vais me coucher (enfin)

Passé le sixième mois de grossesse, il devient difficile de dormir sur le dos car cela occasionne des sensations de mal-être voire de vrais malaises. Le mieux, c’est de dormir sur le côté et essentiellement sur le côté gauche. En effet dans cette position on évite d’écraser les artères qui alimentent le placenta et on s’assure donc que bébé sera bien nourri. Évidemment, on va bouger au cours de la nuit mais en pleine conscience, c’est mieux de se mettre sur le côté gauche. Afin de réduire les douleurs ligamentaires (encore !!) et d’être bien calée, je dors avec mon coussin de maternité (voir mon billet sur le choix du coussin et son utilisation) dans l’une de ces deux positions : soit je l’enserre comme un gros nounours (je passe le bras gauche et la jambe gauche en dessous, lui fait contourner mon ventre, passe mon bras droit et ma jambe droite par-dessus et hop ! dodo) soit je m’en sers comme repose genoux (je me couche en chien de fusil, j’allonge la jambe gauche, je colle mon coussin de maternité à mon ventre et à ma jambe gauche et je pose mon genou droit sur le coussin en repliant ma jambe droite).

Bonne nuit !

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