Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Huit jours dans le Sud californien

 

À Noël, c’est le holiday break. Les écoles ferment, ainsi qu’une bonne partie des tech companies de la Bay Area. Le bon moment pour partir explorer en famille des contrées « lointaines » et ensoleillées. Une formidable occasion pour moi de répéter inlassablement « regardez comme c’est beau » a propos des montagnes, du rivage, des plages, des palmiers ou des yuccas.

 

Mon rêve était de descendre la fameuse Highway 1 jusque Los Angeles et de passer quelques jours au chaud à Palm Springs. Ce programme que je partage avec vous a la particularité de ne proposer aucune étape de plus de deux heures de voiture au départ de San Jose. C’est vraiment appréciable quand on voyage avec de jeunes enfants.

 

Jour 1 : quitter la Bay Area

Nous sommes partis le dimanche 23 décembre à 9h du matin, notre vrombissante chevrolet HHR raisonnablement chargée de vêtements, nourriture et cadeaux, l’inquiétude principale de notre fils aîné étant de savoir comment le Père Noël allait nous retrouver au fil de notre road trip.

Après une heure trente à faire défiler l’impassible paysage de la 101 (one-o-one), nous arrivons a notre première étape de la journée, Carmel-by-the-Sea. Une amie française nostalgique me l’avait vendue comme la Baule locale, l’endroit idéal pour se ressourcer au gré du vent salin.

C’est exactement cela. Nous nous sommes promenés une petite heure dans la rue principale qui descend vers l’océan, plantée de petites boutiques de décoration, de coffees shop vendant de gros bretzels au fromage et d’hôtels aux colombages rappelant une certaine Normandie. Arrivés sur la plage, nous avisons un vieux placard municipal : un Mountain Lion a été aperçu ici au mois de juin.

Depuis Carmel, nous rejoignons la highway 1 que nous n’allons plus quitter de la journée. Il est 11h50 lorsque nous arrivons à Nepenthe pour déjeuner au Cafe Kevah. La terrasse, quasiment vide, se jette dans l’océan sans fin.

 

Plus haut, le Nepenthe Cafe invite à une pause plus longue et a une cuisine plus riche. Mais comme ca reste de la cuisine américaine, nous optons pour le Kevah. Commande au bar et service à table. Déjeuner au soleil à guetter les baleines qui viendraient admirer Big Sur. Oeufs bénédictines au crabe, cobb salad, fresh lemonade. Les vacances commencent bien. A l’étage du restaurant, la queue s’allonge à vitesse grand V (pas de réservation possible). Avant de repartir, montez quand même à l’étage pour profiter de la vue encore plus spectaculaire (et faire pipi, c’est la vie).

13h15, nous reprenons la highway 1 là où nous l’avions laissée. Elle serpente entre les points de vue, passent des ponts tous plus anciens les uns que les autres et dont les clichés feront de belles cartes postales. La côte est de dentelle. Les enfants et moi nous aveuglons à scruter l’immensité de l’océan à la recherche de baleines. Peut-être en avons-nous vu. Mais ce n’est pas certain. Nous en reparlons souvent, de ces taches grises qui dansaient lourdement à la surface de l’eau, là-bas, derrière cette grosse vague mousseuse. Apres une heure vingt, nous arrivons à Piedras Blancas.

 

Le point de vue officiel est agrémenté d’un immense parking où se stationner pour aller voir les éléphants de mer. Ils sont la, allonges, en groupe ou seul, certains tres proches et d’autres plus lointains. Des mâles, des femelles, des petits. Ils bougent un peu. Une nageoire (avec des griffes, comme une main). Leur trompe, en ouvrant la bouche et grognant bien fort. L’odeur est très marquée. Les enfants ravis. Nous restons trente minutes pour profiter du spectacle avant de repartir en direction de Morro Bay et de son Rock au milieu de l’océan.

 

 

Nous sommes désormais plus proche des Sables d’Olonnes que de la Baule. La promenade qui longe l’eau est pleine de boutiques de colifichets. Une embarcation décorée à la mode hawaïenne attend ses clients de plus de 21 ans pour une soirée dégustation autour du rock qui se dresse, tel un Mont Saint Michel miniature, au large.

C’était notre dernier arrêt avant d’arriver à Oceano pour y passer la nuit après un gros hamburger chez Sylvester.

Nous avons fait l’impasse sur la cascade de Big Sur et le Hearst Castel, des sites super touristiques et pas forcement adaptés à nos enfants et notre planning.

 

 

Jour 2 : en route pour Los Angeles

Ce 24 décembre matin, nous remballons nos affaires et partons en quête d’un petit dejeuner. A Arroyo Grande nous trouvons un diner ouvert, le CJ’s Cafe et, comme dans les films américains, nous asseyons sur des banquettes de skaï et admirons le balai des serveurs qui viennent sans répit remplir nos tasses d’un cafe long et léger.

 

Les pancakes aux bleuets font la taille d’un 43 tours et les french toasts à la cannelle d’un livre de poche. Apres un demi gallon de café, il est temps de refaire le plein et de prendre la route en direction de Santa Barbara.

Le paysage se transforme lentement sous nos yeux. Les plages sont plus brillantes, le ciel plus haut, les palmiers plus présents. A Santa Barbara, nous nous sentons plus proches du Sud. L’architecture, l’air plus sec, le soleil, tout nous dit que nous sommes bien loin de la Baie de San Francisco et de son fog légendaire. Nous nous garons dans un parking sur Ocean Drive, une des artères principales de la ville qui descend vers la mer. La promenade jusqu’au Pacifique est tranquille et permet de prendre le pouls de la ville. Nous nous arrêtons pour déjeuner dans un restaurant traditionnel qui sert des salades et des Mac & cheese. A 13h30 nous reprenons la route en direction de Los Angeles. Nous ne sommes pas du bon côté pour être accueillis par les grosses lettres blanches plantées sur la montagne de Hollywood mais nous voyons bien que nous y sommes. La ville est immense, étendue, polluée et bruyante même ce 24 décembre où tout est calme. Nous allons au Trader Joe’s le plus proche de notre appartement pour y trouver de quoi réveillonner simplement.

 

Jour 3 : depart pour le désert

Le Père Noël nous a finalement retrouvés. Les quelques paquets cachés au fond du coffre donnent à la matinée une tonalité festive. Notre aîné est a la fois content qu’il y ait des cadeaux et déçu qu’il n’y en ait que deux par personne…

Apres avoir rangé nos affaires, nous partons pour le Santa Monica Pier. De l’autoroute, nous apercevons enfin la mythique inscription qui nous fait dire « nous y sommes. » Plus petite que ce que nous imaginions, probablement.

 

La plupart des lieux et des attractions habituelles de Los Angeles étant fermées ce 25 décembre, nous nous replions sur cette fete foraine permanente. Cela ressemble à Santa Cruz, le vent en plus. Le pier s’avance très loin dans la mer et c’est impressionnant de se tenir au bout en regardant sous ses pieds les vagues se fracasser sur des poteaux. En repartant nous voyons une voiture de police posée là, avec une planche de surf en travers de ses galleries.

 

En ce matin de Noël, beaucoup de promeneurs ont un ugly sweater ou un christmas pajama. Les couples sont jumeaux, les familles assorties. Le spectacle est fascinant.

Nous reprenons ensuite notre chevrolet pour grimper sur les hauteurs et sillonner Mulholland Drive. On s’attendait à mieux. Mais on peut dire « on est monté. » Il est temps de redescendre et de trouver un endroit où déjeuner mais les choses se gâtent. Nous échappons de peu à un MacDonald ou un Starbuck en trouvant, dans WeHo, un bar gay ouvert, le Hamburger Mary's. Comme partout nous y déjeunons un hamburger (organic patty and gluten free bun tout de même), une salade et des Mac & Cheese… c’est presque comique. La déco digne de Priscilla Folle du Desert et la bande son genre crooners de Noël jurent atrocement. Les serveurs sont archi sympa et récoltent un tip de 40$ parce que c’était vraiment inespéré de manger quelque part le midi de Noël.

Les estomacs remplis nous reprenons la 101 pour quelques kilometres puis bifurquons plein Est en direction de Palm Springs. Nous atteignons la destination en deux heures. En temps normal, avec le trafic, le trajet peut, paraît-il, prendre jusque quatre heures. Le désert nous accueille par une petite pluie de quelques minutes et des éoliennes à perte de vue.

 

Il paraît qu’elles produisent 5% de l’énergie électrique de la Californie. On en a vu de quatre sortes : les classiques grande blanche à trois pales, des petites blanches a deux pales, des petits blanches à trois pales et des petits à trois pales mais avec un mât ressemblant à un pilier électrique de ligne haute tension.

Nous nous installons dans le condo que nous avons réservé pour les quatre prochains jours et partons déjà etrenner les nouvelles trottinettes.

 

Jours 4-5-6 : au coeur du désert

La région de Palm Springs est riche d’un point de vue patrimoine culturel, mais aussi randonnées ou activités familiales.

Nous allons profiter de nos vacances pour faire quotidiennement de la trottinette et de la natation, dans la piscine d’eau salée du condo. Il faut y aller entre 12h30 et 14h, sinon il faut trop froid. Mais il est plus qu’agréable de réaliser que oui, nous sommes le 26 décembre et oui, nous nageons dans une piscine extérieure.

 

Nous mettons à profit notre premiere journée sur place pour visiter le musée local d’aviation. Il est accole a l’aéroport de Palm Springs. On peut voir les avions atterrir et décoller. Il propose aussi des vols en B52. On peut monter dans certains appareils, s’asseoir dans certains cockpits. Une partie est réservée aux enfants. C’est un bel endroit familial où on apprend aussi des choses. Un musée à l’américaine.

Le deuxième jour, nous descendons vers La Quinta pour visiter Living Desert, une sorte de parc animalier qui présente des espèces vivant dans des contrées désertiques. Le parc comprend deux circuits : le desert d’Amérique du Nord et le désert africain. Personnellement je n’apprécie pas les zoos en général, très mal a l’aise a la vue d’animaux en cage ou éloignés de leur milieu naturel. Living Desert est une experience acceptable. Les animaux ont globalement de l’espace et il y en a même que nous n’avons pas pu voir car ils n’ont pas daigné se montrer.

Le parc propose d'autres activités payants : mini promenade à dos de dromadaire, nourrissage des giraffes, carrousel… entre les deux circuits de désert, il y a un train miniature qui reproduit peu ou prou les environs, les trains sans fin, les fermes, le désert, etc.

 

Il est possible d’acheter un ticket pour se deplacer en navette électrique dans le parc (type voiturette de golf) mais c'est vraiment superflu. Le parc propose aussi des poussettes pour enfants.

Le troisième jour nous allons à Cabazon pour voir une « attraction de bord de route » qui met en scène une cinquantaine de dinosaures de taille plus ou moins gigantesque, dont un diplodocus dans lequel semblent être installés des bureaux climatisés et un T-Rex dans lequel on peut monter (à ses risques et perils, quand même). Il y a quelques petits activités en plus. Ca occupe les enfants et c’est un peu éducatif.

 

Nous n’avons pas pu faire ces activités soit parce qu’elles n’étaient pas adaptées avec nos enfants soit parce que nous n’avons pas pu réserver à temps mais elles méritent que nous retournions dans la region : le Palm Springs Aerial Tramway qui vous monte en 10 minutes de téléphérique en haut du mont Jacinto (il faut réserver longtemps à l’avance), le tour des maisons de stars (intéressant du point de vue architectural, il faut compter un minimum de deux heures trente en bus à sillonner le désert), le child museum local, une plantation de dattiers ou une randonnée en bus dans les champs d'éoliennes

 

Jour 7 : l’heure de retrouver le Nord

Apres avoir un peu hésité, nous décidons de ne pas reprendre la 101 tout de suite. Cela nous permet de prolonger la découverte et de traverser le désert de Mojave.

Tout est sec. Les yuccas ont l’air d’avoir eu chaud. La plaine couverte de dunes est traversée de trains infinis. On ne compte pas les wagons pour connaitre leur longueur, on compte le nombre de locomotives pour imaginer le tonnage. Parfois nous en avons vu quatre, tractant une suite interrompue pendant un ou deux kilomètres de conteneurs, certains empilés l’un sur l’autre sur un seul chariot, de citernes ou de plate-forme. Nous nous arrêtons pour déjeuner dans une petite ville au plan rectiligne, plein de poussière et de caravanes et mobil homes. Nous déjeuner d’un burritos (le meilleur que j’ai mangé jusqu’à présent mais je dois dire que je n’aime pas vraiment ça) et de hamburgers pour les enfants.

Nous repartons avec l’impression d’être à la croisée de Tween Peaks et du Magicien d’Oz, en direction de Palmdale. Il y a là une base de la NASA qui présente gratuitement un grand nombre d’avions mais aussi un exemplaire de SR-71. Une étape à ne pas manquer pour les connaisseurs.

 

Apres une heure à déambuler entre les différents modèles, nous prenons la direction de Bakersfield où nous avons réservé une chambre d’hôtel pour la nuit. Le paysage est devenu très différent, très industriel. Il y a des puits de pétrole et des exploitations agricoles de très grande taille. Nous nous retrouvons dans une sorte de zone commerciale au nord de la ville et après avoir passé la fin d’après-midi à la piscine de l’hôtel, nous partons à pieds pour le Panda Express le plus proche où nous dinons d’un chow mein. Ce n’est pas sans me rappeler mon séjour à l’hotel Mercure en bordure de l’autoroute à côté du BHV de Limonest…

 

Jour 8 : retour dans la Bay

Le soleil se lève sur notre zone commerciale, pour nous livrer le petit déjeuner le plus polystirénisé de ma vie. Le buffet propose des assiettes et des gobelets étincelants de pétrochimie, des couverts en plastique et des muffins sous vide. Un bon point pour les gaufres à faire soi-même : elles étaient très bonnes (même si je me refuse à demander la composition de la pâte). A la fin du repas, on peut tout balancer à la poubelle, sans rien trier.

La chevrolet chargée de nos affaires de la nuit, nous reprenons la route en direction du Nord. Notre dernière étape sera à deux heures de route. Nous avons choisi de faire un petit crochet par  Atwater, juste après Fresno, pour voir encore un musée de l’air qui recèle, entre autres pièces rares, un autre SR-71 et un VC-9C ayant été Air Force One. Nous sommes accueillis par des vétérans du Vietnam, anciens pilotes de B-52, qui entreprennent de nous raconter l’histoire de l’acquisition de leur exemplaire de l’avion présidentiel. La narration est vivante, émaillée d’anecdotes et ressentie avec beaucoup de joie. On voit que les volontaires du musée sont vraiment fiers de leur avion, de le faire visiter. Comment l’ont-ils obtenu ? Par la conjonction d’une loi qui force la mise a la retraite des avions de plus de trente ans et de l’existence d’une agence gouvernementale GSA dont le but est de décider comment disposer des objets qui ne sont plus utilises par l’administration. Apres une proposition au président Reagan qui a décliné parce qu’il en avait déjà un, et une mise aux enchères publiques qui s’est soldée par un bide (ah ! ah ! jeux de mots) l’agence a décidé de le donner. C’est le Castle Air Museum qui a remporté l’engin et a dû le faire voler depuis Phoenix dans l’Arizona jusqu’à la Californie, avant de pouvoir l’installer sur son tarmac. Nous passons une heure à écouter religieusement toute cette histoire avant d’aller visiter l’avion en question puis de faire un tour parmi les autres pièces de la collection.

Nous reviendrons, c’est certain, pour les journées cockpit-ouvert lorsque les visiteurs peuvent s’asseoir aux commandes.

 

Midi passé, nous engloutissons a grande vitesse deux salades et deux menus enfants de chez Wendy’s puis entamons notre ultime étape avant San Jose. À la maison, nous retrouvons les cadeaux que le Père Noël n’avait pu nous livrer à Los Angeles, une température polaire et... une Tesla ! more to come...

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article