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Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Trois jours chez ma mère

De François Weyergans. Ou Weyergraf. Ou Graffenberg. Weyberite peut-être ?
Je ne sais plus.

Je n'ai pas encore fini ce livre. Enfin ces livres. Je suis déjà bluffée par leur construction. Egalement par les phrases ciselées qui se suivent et ne se ressemblent pas. L'auteur, enfin les auteurs, ou le personnage principal, enfin les personnages principaux, bref les multiples narrateurs qui semblent n'être qu'un et que nous appellerons François, d'abord pour plus de commodités, ensuite parce que « chaque fois qu'une femme l'appelait François, il se sentait troublé, il devenait vulnérable » (p.154), donc François a l'air d'un homme parfaitement odieux. Et manipulateur aussi. Sans doute extrêmement égoïste. Assez égotique en tout cas pour dupliquer son être à l'infini : l'auteur d'une histoire racontant l'histoire de l'auteur dont la vie serait camouflée mais à peine et qui raconterait sa vie, camouflée, mais à peine.

Pendant le premier temps de ma lecture, entre Chambéry et Modane (je vous avais bien dit qu'on retournerait au ski...), j'ai cru qu'il s'agissait d'un récit construit comme le Blason d'un corps d'Etiemble. Ce livre dont toute l'originalité réside, à mon sens, d'une part dans le courage du narrateur pour expliquer à une conquête sublime qu'elle pue vraiment du bec (ou comment se faire quitter en une leçon), ce dont elle le remerciera par la suite car cela lui occasionna de se rendre chez son dentiste faire soigner un abcès qui aurait pu encore plus mal tourner... et d'autre part dans sa construction : c'est en lisant que l'on devient lecteur et que l'on comprend lentement que le blason qui nous est narré n'est pas celui des conquêtes, d'une conquête, d'une femme, de femmes... mais celui du narrateur qui raconte son propre corps, membres par membres, fêlures par fêlures, histoires après histoires, au fil des pages et de sa vie. Et finalement on n'a pas lu un livre monolithique mais plusieurs histoires. On peut ainsi regarder le monde par ses détails, en faire puzzle, faire évoluer son point de vue, avoir un angle d'attaque mouvant. C'était sans doute le choix d'Etiemble, peut-être celui de François.

Au deuxième temps de ma lecture, entre Modane et Chambéry (comme d'habitude, il faut bien revenir du ski), j'ai progressivement pris la mesure de la mise en abîme. Tout d'abord parce que je ne voyais plus trop de lien entre le titre et le récit. Je ne peux pas dire l'histoire car il n'y en avait pas. Juste une mosaïque de souvenirs hétéroclites mais pertinents : il était vaguement question de sa mère et de l'écriture. J'ai pourtant le sentiment que tout cela n'était là que pour justifier la suite et offrir au lecteur, au début du dernier tiers de l'ouvrage, de découvrir une couverture de roman Trois jours chez ma mère, précédé du nom de l'auteur, François Weyergraf. Qui raconte donc l'histoire de François Graffenberg racontant le bal du mariage de François Weyerbite, glissant sur un parquet très viennois dans les bras d'une mère trop freudienne.
J'ai pratiquement fini le chapitre deux de François Weyergraf mais il n'y est pas plus question d'aller chez sa mère : toujours d'un auteur contant une mosaïque de souvenirs, hétéroclites mais pertinents. Et si je crois bien que François finira par aller passer trois jours chez sa mère, soyons honnêtes, est-ce réellement ce qui nous intéresse ?

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