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Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Le plus grand et, d'aucun le pensent encore, le plus beau gigastore du monde

Le club de la connaissance, souvenez-vous, a donné lieu a quelques réunions qui, bien qu'ayant largement tendance à s'espacer depuis février dernier, nous ont permis de toucher du doigt le sujet ô combien nécessaire des grands magasins.

A la fin de ma petite présentation, j'anime le quart d'heure culturel pour soutenir que non, mon sujet n'a rien de futile. Preuve en est, un roman de Zola entièrement consacré aux grands magasins, ainsi qu'un roman de Pennac. Rien à redire. V. se redresse dans le canapé puis dit "mais je crois qu'il y a aussi un livre de SF qui raconte l'histoire d'un grand magasin où l'unique but des protagonistes est d'avoir la carte extra top gold". Comme elle croit seulement, pas moyne d'en savoir plus, ni d'obtenir des références. Ni une ni deux, en rentrant chez moi je cherche mais sans trouver... j'oublie cela dans un coin de ma tête.
Au mois de mai, pour l'anniversaire de mon frère, nous descendons à Pau. Je décide de faire quelques achats cadeaux pour tout le monde et me rends à l'excellente librairie Mille Pages à Vincennes. Je trouve mon bonheur puis, comme les libraires n'ont pas grand chose à faire en ce 8 mai, j'en profite pour leur demander s'ils ne connaissent pas "un livre de SF qui raconte l'histoire d'un grand magasin où l'unique but des protagonistes est d'avoir la carte extra top gold". Comme ils n'ont pas l'air de connaître et qu'ils sont libraires et qu'à ces gens-là il ne faut quand même pas trop leur en raconter parce que eux, quand même, ils sont libraire mais pas à la Fnac donc ils savent, eux ,ce qui méritent vraiment d'être lu, ils me répondent en coeur avec une pointe d'ironie et - peut-être, je ne suis pas sûre, de mépris, "hmmm c'est au moins du Amélie Nothomb ou du Beigbeder, un truc comme ça..." S'ensuit un fort rire, de ceux qui suivent généralement les blagues très spirituelles où le blagueur est obligé de rire très vivement pour vous montrer, à vous qui soit n'avez pas d'humour soit n'avez pas de culture que, non, ce n'est pas vrai, ce n'est pas un ouvrage de Nothomb ni de Beigbeder...
Le temps passe.
La semaine dernière, dans mon bel espace paysager, j'entends sans relâche parler de carte de fidélisation client. Cette histoire de "SF qui raconte l'histoire d'un grand magasin où l'unique but des protagonistes est d'avoir la carte extra top gold" me revient en mémoire. Avec plus de chance et sans doute de rigueur taxinomique, je finis par trouver cette fameuse histoire d'un grand magasin où l'unique but des protagonistes est d'avoir la carte extra top gold. Il s'agit de DAYS, un roman de James Lovegrove paru en 1997 sous le titre DAYS.

Il ne m'a fallu que 5 allers-retours en train de banlieue pour le lire. A noter tout de même les perturbations actuelles sur ma ligne pour cause de combinaison de la désormais traditionnelle opération Castor et la réfection des voix ferrées de la gare de La Défense, ce qui nous fait passer de 19 à 28 minutes de voyage simple.
Bref, le livre se lit bien même s'il n'est pas d'une écriture particulièrement remarquable. Quelques tournures sympas et idées fixes dont les variations émaillent l'ouvrage et donnent le ton "Days, le premier et (d'aucun le pensent encore) le plus beau gigastore du monde". Sa construction est assez simple : à peu près cinq protagonistes principaux dont l'auteur raconte une journée chez Days en tant que client, vigile, vendeur, propriétaire ou voleur et dont les destins finissent inexorablement par se croiser.
Le plus intéressant dans tout ça, ce n'est pas l'histoire. J'ai complètement oublié au fil des pages qu'il s'agissait de science fiction prospective. Je ne sais pas si M. Lovegrove a récemment mis les pieds dans un de nos grands magasins mais un certain nombre de similitudes frappent !
Toute l'histoire est construite autour d'un magasin de 666 rayons en tout genre, où l'on trouve tout (on trouve tout Paris, à la Samaritaine) pour peu qu'on y ait un compte. La devise de Septimus Day, son fondateur, était bien "tout ce qui se vend sera dans les rayons, tout ce qui est dans les rayons sera vendu." Pour avoir un compte, il faut en avoir les moyens et en fonction de vos moyens, vous sera attribué un certain niveau de carte de crédit Days donnant droit à une certaine gamme de services. Dans ce gigastore, vous pouvez déjeuner, vous cacher pendant une nuit, vous faire agresser pendant une vente flash. A l'extérieur du gigastore, vous verrez toutes les vitrines savamment mise en place (visual merchandisées...) vous pour donner envie d'acheter : des mannequins vivants y jouent une scène de la vie quotidienne (et aussi ça).

Bref, en 2008, il ne s'agit plus d'un livre d'anticipation. Il n'est toutefois pas trop tard pour découvrir ce manuel de survie en grand magasin...





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