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Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

5 bonnes raisons de ne pas apprécier les machines à voter (mais de voter quand même)

 

 

1. Les bulletins de vote ont disparu.

 

A l’entrée du bureau, les assesseurs sont assis derrière leurs tables vides avec pour seul horizon le lot de cartes électorales qui ne sont jamais arrivées au domicile des votants. Ils renseignent quelques électeurs inquiets (mais ma procuration ? mais ma carte d’électeur ? mais mon bulletin ?) et mangent des sandwiches au jambon. Ils ne sont plus là pour surveiller les bulletins et vérifier qu’ils restent dans l’ordre qui leur a été assigné. On ne se fait pas rappeler à l’ordre quand on ne prend pas tous les bulletins. Il n’y a plus de bulletin.

 

 

2. Qui me dit que la main qui manipule l’urne électronique est une main entraînée ?

 

Au premier tour des élections présidentielles, dans mon bureau n°64, je fais la queue et puis c’est à moi. A ce moment-là, le président du bureau de vote, un boutiquier qui habille mon père et nous a gratifié d’un sourire satisfait, se lève. Et s’en va, non sans s’être assuré auprès du premier assistant qu’il sait comment manipuler l’urne électronique : bon, vous avez vu comment ça marche, vous devriez y arriver. Le pauvre homme, je ne vais pas l’empêcher d’aller au petit coin pour garantir que mon vote sera bien pris en compte.

 

 

3. On ne peut pas sacrifier son vote pour faire passer un message.

 

L’unique isoloir dont le rideau découvre une inesthétique machine à voter présente un bouton par candidat. Ils sont présentés dans l’ordre autrefois attribué au bulletin. A la fin, il y a un bouton dit « vote blanc ». Pourquoi ce bouton est à la fin ? Est-ce que c’est normal ? Pourquoi ne puis-je plus griffonner le fond de ma pensée sur mon bulletin, au risque de sacrifier mon vote ? Est-ce normal ? Le vote blanc n’est pas le vote nul. La machine à voter supprime le vote nul et bafoue une partie de la liberté d’expression qui rend l’expérience intéressante.

 

 

4. Pas d’introspection dans l’isoloir.

 

J’ai appris au cours de mes études que l’isoloir devait protéger les votants de la pression des élites et des foules. Mais cela c’est quand il y a plusieurs isoloirs. Dans un bureau de grandes villes, à la porte duquel les citoyens font la queue toute la journée pour donner leur suffrage, quand il n’y a qu’une machine à voter et donc qu’un isoloir pour faire son choix, ai-je encore le droit d’introspection ? Puis-je encore arriver au seuil du bureau de vote sans avoir arrêté ma décision ?

 

 

5. La fin des soirées électorales.


Avant l’apparition des machines à voter dans ma commune, j’ai toujours participé au dépouillement des votes. Cette expérience républicaine ultime qui donne à toucher la variété de la cité et l’ambiance de son quartier a cédé la place à une transaction informatique. Faire les petits tas de 10 enveloppes, les ouvrir, sortir les bulletins, les recompter, énoncer chaque bulletin, tout cela est terminé. Le combat pour les interprétations sur les votes nuls n’aura plus lieu. Le recomptage des enveloppes et des bulletins est derrière nous. Une fois ces opérations réalisées, il était de coutume que l’édile local offre un cocktail de remerciement à la mairie, où l’occasion se présentait fréquemment de retrouver mes anciennes camarades de lycée qui dépouillaient dans d’autres bureaux, ajoutant ainsi au charme de la soirée.

 

 

 

 

Pour aller plus loin : http://www.ordinateurs-de-vote.org/Pourquoi-ce-site.html

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