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Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Ma poubelle à la loupe

Conjonction télévisuelle incroyable ou phénomène de permanence rétinienne, M6 et Fr2 se sont retrouvées hier sur le thème des ordures... Alors que 100% Mag (du journalisme d'envergure) a diffusé un sujet sur le match entre jetable et durable, Envoyé Spécial nous a proposé un très intéressant reportage intitulé "Déchets : un tri pas toujours sélectif".

 

Remarque préalable, je n'en peux plus du pléonasme permanent qu'est l'expression "tri sélectif". Avez-vous déjà réalisé une opération de tri sans procéder à une quelconque sélection ?

Ceci étant dit, il est en effet alarmant de constater que la France ne parvienne pas à mieux maîtriser ses déchets, tant du point de vue quantitatif que du point de vue qualitatif.

Dans ce billet, je vous propose donc de faire le point sur les déchets en France (une excellente lecture produite par l'ADEME) et les solutions que l'on peut mettre en oeuvre pour, à son petit niveau, réduire la montagne d'ordures que l'on fabrique à vitesse grand V pour nos enfants.

 

Pour commencer, situons la France et sa production annuelle de déchet, au sein de l'Europe.

 

DechetsEurope

 

Bref, ce n'est pas terrible : les Français produisent annuellement de 529 à 591 kg de déchets par an. Peut mieux faire, donc.

 

Regardons maintenant ce qui compose cette demi-tonne d'ordures.

Dechetimg_modecom0708.jpg

Le fait marquant, ces dernières années, c'est l'augmentation sans précédent du volume de textiles dits sanitaires qui sont jetés aux ordures. De quoi s'agit-il ? des mouchoirs en papier, de l'essuie-tout, des coton-tige, des protections intimes, des cotons et surtout des lingettes. Vous avez sans doute constaté comme moi qu'en magasin, il y a une offre désormais pléthorique de ces produits jetables présentés comme miraculeux pour l'hygiène, la propreté et la praticité d'utilisation.

 

On ne va pas se culpabiliser outre mesure car certains déchets sont relativement inévitables mais leur valorisation peut être améliorée. D'autres déchets pourraient en revanche être mieux maîtrisés et il faudra aussi s'en préoccuper. 

 

Le verre, les plastiques et les papiers sont de plus en plus fréquemment collectés dans des bacs à ordure spécifiques. Il m'arrive néanmoins beaucoup trop souvent de constater que mes (chers) voisins ne font pas l'effort de trier leur déchets et je retrouve dans le bac restant pour ce qui n'est pas valorisable des magazines, des cartonnettes, des bouteilles. Si vous êtes un ayatollah du tri et que vous avez de la chance, l'indélicat jette généralement dans le même sac des bouteilles, des papiers et du courrier : vous pouvez retrouver son nom et reposer son sac sur son paillasson avec un prospectus édité par votre mairie et récapitulant les principes du tri des ordures.

Pour ceux qui font l'effort de trier, ce n'est pas toujours gagné non plus puisque ce que l'on peut mettre ou pas dans le bac plastique / papiers / cartonnettes n'est pas partout pareil ni tout le temps évident. Par exemple, puis-je jeter des magazines dont les pages sont en papier glacé ? je ne sais pas. Et les enveloppes à fenêtre ? puis-je les jeter ? ça je sais que je ne peux pas alors je déchire l'enveloppe par sa moitié et répartis mes déchets. Attention à ne pas jeter de confétis, il est généralement admis qu'on ne peut valoriser que les déchets supérieurs à la taille d'un ticket de métro.

Enfin quand on jette des déchets cartons / platisques / papiers dans ce bac spécifique, il faut penser à les compacter au maximum : plier les briques de jus de fruit, aplatir les cartonnettes, dégonfler les bouteilles en plastique. Pourquoi ? parce que plus vous compactez vos déchets, plus le bac se remplit lentement, moins il est nécessaire aux municipalités d'accroîte la fréquence des tournées de ramassage.

 

Je suis aussi étonnée de ce que jettent certains de mes voisins. Hop, un cuit-vapeur dans le bac à ordure. Mais c'est mal ! et c'est illégal. Je vous rappelle que la directive européenne dite "D3E" vous oblige à rapporter vos déchets électriques et électroniques dans les magasins qui les vendent (Darty, Boulanger, Carrefour, Fnac, etc.), lesquels sont obligés par la loi de vous les reprendre. Vous pouvez aussi bénéficier des services de la déchetterie locale qui peut accepter ces déchets (se renseigner avant de charger son lave-linge dans son coffre de voiture). D'autres solutions existent, vous pouvez contacter des associations comme Emmaüs ou Envie qui emploient des personnes en réinsertion sociale et utilsent 5 lave-linge déglingués pour en faire un neuf et le vendre à prix cassé à des personnes qui ont peu de moyens. Pour les moins convaincus par les actions solidaires, vous pouvez aussi refourguez vos appareils défaillants à Darty pendant tout le mois d'avril 2013 contre rémunération (en savoir plus).

Si vous changez de matériel par goût, par mode, par commodité, n'hésitez pas à le mettre en vente sur les sites webs adaptés, pour un prix très symbolique : l'acquéreur viendra le chercher chez vous.

 

Côté textile, on jette aussi beaucoup. Cela m'étonne car valoriser du textile, c'est quand même assez facile et à la portée de tout le monde. Chez moi, les vieux vêtements en coton qui sont trop abimés pour être donnés, sont transformés en chiffon pour le ménage, les carreaux, etc. Puis quand ils ne sont même plus bons pour faire des torchons, ils deviennent utiles pour le bricolage ou cirer les chaussures. Pour les chemises d'hommes dont les poignets et les cols s'usent très vit, voici ce que faisait ma mère. Elle les transformait en chemisettes à col ras. Les boutons des chemises et chemisiers peuvent aussi être conservés pour les réutiliser ensuite. Les serviettes éponge sont transformées en essuie-main pour la cuisine ou finissent dans la voiture (toujours utile quand on a un enfant malade, une roue à changer, quelque chose à emballer).

Si on est couturier, on peut aussi conserver les morceaux de textile les moins abimés pour les transformer (un petit manteau pour enfant coupé dans un manteau pour adulte dont le col et les manches sont râpés).

Enfin si l'on n'est pas habile de ses mains, on peut juste donner ses vêtements : les collectes sont nombreuses et les bacs récupérateurs également. Je suis à cet égard assez surprise de constater que nombre de personnes se débarrassent dans ces bacs récupérateurs de vêtements sales, dans un état d'usure très avancé. Il ne faut tout de même pas oublier qu'ils ont essentiellement pour vocation de vêtir d'autres êtres humains.

Pour les fashionistas, il y a toujours la solution H&M, qui fonctionne comme celle de Darty.

 

Sur la problématique des emballages, j'espère que le récent scandale des lasagnes à la viande de cheval (même si en soit cela n'a rien de vraiment dangereux) interpellera mes concitoyens sur l'opacité de la composition des plats préparés et les amènera à en réduire leur consommation. Ces plats préparés sont en effet de gros fauteurs d'ordure puisqu'ils sont tous emballés dans des barquettes plastiques, recouvertes d'un film plastique et enrobés d'une cartonnette de suggestion de présentation. En cas d'offre spéciale, on a aussi la chance d'avoir un film plastique transparent autour des deux plats vendus ensemble. C'est pareil pour les yaourts encartonnés, les packs de lait en-plastiqués, les biscuits dans un film platisque fraîcheur glissé dans une forme en plastique thermo-moulée le tout dans un carton enrobé d'un film plastique. Est-on réellement obligé de choisir ces produits hyper-emballés ? je pense qu'on pourrait y réfléchir.

Quand je vais au marché, j'emporte avec moi tous mes sacs en plastique et en papier. Les commerçants me connaissent bien maintenant et n'essaient plus que très rarement de me refiler leurs sacs surnuméraires. Je ne comprends pas très bien à quoi sert un sac autour d'une botte de poireaux ("mais madame, c'est pour pas salir votre cabas") ou d'une tranche de jambon déjà emballée dans un papier. On s'est beaucoup attaqué aux grandes surfaces pour leur interdire de donner des sacs en plastique aux caisses mais on ne s'est pas du tout préoccupé des vendeurs sur les marchés ni des pharmaciens, ces maniaques qui veulent absolument nous refiler de minuscules sacs qui ne servent jamais à rien et dont les anses sont si petites qu'on peut à peine y passer la main. Je propose très sérieusement de dé-rembourser les sacs plastiques en pharmacie.

 

J'ai gardé le meilleur pour la fin, les déchets textiles non réutilisables. Si dans certains cas il est avéré que l'hygiène nous encourage à utiliser du jetable (les mouchoirs en papier ne sont au final pas plus polluants que les mouchoirs en tissu à laver systématiquement après une simple utilisation), on peut s'interroger sur leur pertinence dans la majorité des cas.

Personnellement, les lingettes pour le ménage ne m'inspirent pas du tout confiance. D'abord, c'est sûr, ce sont forcément des trucs produits par l'industrie pétrochimique donc je suis suspicieuse. Ensuite, je ne vois pas la différence d'efficacité avec un chiffon classique. Je vois juste que ça me force à en racheter tous les mois, au mieux, si je suis radine. Du coup, mes opérations de nettoyage ne sont pas de grande qualité puisque je nettoie avec des lingettes sales... pas terrible. Idem pour l'essuie-tout. J'ai des éponges et des serpillères que je fais sécher et que je lave avec mon linge de maison, une fois par semaine.

Les lingettes corporelles et autres cotons de démaquillage ont également déserté mes placards. Solution numéro 1 : le retour en force du gant de toilette. Comment ça, c'est sale ? Mais pas du tout, puisque je m'en sers, je le fais sécher, je le mets au sale et je le lave une fois par semaine avec mon linge de maison. J'ai une pile de gants de toilette à usage unique avant lavage. Solution numéro 2 : les disques de démaquillage non jetables. On peut les coudre soi-même ou les acheter tout fait. Je les laisse sécher là aussi et les lave avec mon linge de maison, une fois par semaine.

 

Pour terminer, me direz-vous, il reste ces 32% de déchets ménagers. Eh ! bien, j'ai toujours mon bokashi et j'ai constaté que son utilisation s'est démocratisée en France puisque l'on trouve désormais à vendre, dans les grandes enseignes de jardinage, du mélange de micro-organisme à base de riz dont on saupoudre les déchets. J'ai la chance d'avoir maintenant un coin de jardin, en ville et je répands sous ma haie le produit de mon seau. J'utilise le résidu liquide pour mes plantes ou mes canalisations.

Tri&bokashi

Tous mes déchets humides finissent donc dans le bokashi puis sous ma haie. Cela me permet de conserver une poubelle propre, sans odeur, que je vide une fois par semaine et qui contient l'intégralité des autres déchets ménagers (notamment les déchets textiles non réutilisables). J'ai aussi un bac pour le recyclage des cartons, plastiques, etc. et un bac pour le verre.

Mes cousins qui habitent à la campagne ont généralement une ou deux poules. Il ne s'agit pas d'une basse-cour, ni d'une ferme, mais d'une ou deux poules qui mangent les déchets organiques et offrent chacune un oeuf tous les deux jours.

 

Je pense que sans aller jusqu'au compostage de ses déchets ménagers, on peut tous s'organiser pour réduire nos ordures, chacun à son petit niveau.

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