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Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Olympe, la liberté guidant le peuple ?

OlympesDeGouges.jpgComme l'était celui sur Kiki de Montparnasse, le roman graphique composé par Catel et Bocquet sur Olympe de Gouges donne à voir une femme étonnante au coeur d'une époque surprenante. Kiki et Olympe évoluent toutes deux dans un milieu particulier, celui des arts pour la première, sa bohème et ses réjouissances, celui des lettres et de la révolution pour la seconde, ses grands hommes et ses espoirs.

 

Au fil des mots et des images se dessinent les femmes si libres, les discussions philisophiques constantes, la découverte du français et d'un acteur révolutionnaire, digne de figurer dans la galeries de personnages qui habitent les pages de ce livre.

 

Extrêmement documenté et à la rédaction fournie mais d'une lecture agréable, Olympe de Gouges pourra devenir un ouvrage de référence pour expliquer à nos filles l'histoire de la révolution des femmes. Il est assez étonnant de constater à travers cette lecture que les femmes, avant 1789, n'avaient certes que peu de droit mais s'en voyaient octroyer de nombreux par les hommes ouverts qu'elles rencontraient. Il va sans dire que la richesse et la domesticité permettent également aux femmes surprenantes de ce roman réaliste d'évoluer sans se faire rattraper par les contingences matériels d'une demeure, d'une famille, d'un emploi...

Conversations avec Jean-Jacques (Rousseau), duels avec Voltaire, théâtres et manifestes, libelles, gazaettes, placards... tous ces souvenirs collectionnés au lycée, en cours d'histoire ou de lettre ou de philiosophie, prennent place dans la narration et s'assemblent comme les pièces d'un puzzle pour expliquer un temps sans radio, sans télévision, sans journal mais un temps où les gens se tenaient tout de même au courant. Ainsi voit-on Olympe déménager pas moins de dix-huit fois d'un bout à l'autre de Paris et de ses villages pour suivre son fils, ses amis et même l'actualité au moment de la révolution, de l'assemblée constituante, etc.

Olympe, enfin, se veut un auteur de théâtre et rédige, avec son secrétaire Bertrand, quelques pièces plutôt libérales et révolutionnaire (sur les femmes, sur les noirs...) qu'elle essaie de faire jouer par les comédiens du français. Mais ce n'est pas chose facile que de séduire ces excommuniés très libres de leurs choix. En outre, du fait d'une législation plutôt étrange, il est prévu que la pièce présentée aux comédiens leur soit réservée même s'ils font le choix de ne pas la jouer...

On découvre ainsi la figure de l'acteur Talma qui insuffle la nouveauté sur les planches, jouant costumé à la mode des personnages qu'il incarne (révolutionnaire pour des acteurs habitués à jouer dans leurs atours...) et sans déclamation...

A la fin du livre, pour faire durer l'Histoire avec un grand H, les auteurs nous offrent une biographie complète de tous les personnages marquant qui sont passés par la vie d'Olympe. Son père, son mari, son fils mais aussi ses amants, ses amis, ses ennemis. De Lefranc de Pompignan à Robespièrre, de Marat (dentiste formé en Angleterre et médecin, eh ! oui) à La Fayette, Benjamin Constant ou l'amant et protecteur Jacques Bietrix sans oublier Théroigne de Méricourt (et c'est elle, la liberté de Delacroix) ni le chevalier de Saint-Geroges, noir sous sa perruque blanche, formidable épée et maître musicien.

Quelle histoire...

 

 

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