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Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

Ma sage-femme est formidable !

Pour mes cours de préparation à la naissance, dans la mesure où je ne peux pas me rendre à la maternité du fait de mon utérus contractile, j’ai dû faire appel à une sage-femme libérale.

Sage-femme, c’est un vrai métier médical. C’est important de le rappeler pour comprendre notamment son champ d’intervention. La sage-femme peut réaliser le suivi médical de la grossesse à la place du gynécologue (elle peut prescrire les examens et les médicaments qui s’imposent). La sage-femme peut aussi proposer un accompagnement global pour un accouchement en plateau technique ou à domicile (ce n’est pas mon choix mais il faut savoir que c’est parfois possible). La sage-femme anime les cours de préparation à la naissance (plusieurs options : classique, chant prénatal, yoga, haptonomie, aquatique, etc.). En hôpital public, la sage-femme assure les accouchements qui se déroulent sans complication et dans le privé elle se charge de toute la phase de travail, n’appelant l’obstétricien que pour la phase d’expulsion. Après l’accouchement, la sage-femme peut assurer le suivi de la mère et de l’enfant au retour de la maternité (démarrage de l’allaitement, premiers soins, etc.), favorisant si possible une sortie précoce de la maternité et rassurant les jeunes parents sur la prise en charge du nouveau né. Enfin la sage-femme peut procéder à la rééducation périnéale de la mère.

Le premier constat qui s’impose est que dans les Hauts-de-Seine, il y a très peu de sages-femmes libérales et encore moins qui se déplacent à domicile. Si vous souhaitez vous faire accompagner par une sage-femme libérale, je vous conseille donc de la contacter avant même de procéder à l’inscription en crèche (autant dire dès la conception). Si vous ne voulez suivre que les cours de préparation à la naissance, c’est encore plus compliqué mais je vous rassure, elles ont tout de même pitié des futures mères immobilisées.

A force de laisser des messages et de harceler la PMI locale, j’ai quand même fini par trouver quelqu’un qui se déplace, à qui il reste un créneau de libre et dont les dates de congé estivaux peuvent coïncider avec mes dates à moi. Car on en parle peu mais projeter d’avoir un bébé en août, c’est comme traverser la Manche à la nage, on se retrouve vite esseulé. Conséquemment, je n’ai pas fait la difficile. J’ai évité les « et vous pensez quoi du massage du périnée avant l’accouchement ? on peut se passer de la péridurale ? est-ce que vous n’enseignez qu’une seule position ? » et me suis contentée d’un « vendredi à 14h ? c’est parfait ! »

Le premier rendez-vous a d’abord consisté à discuter de la grossesse, au sens large. Dresser le tableau familiale, verbaliser son ressenti sur la grossesse, l’accouchement et la venue du bébé. Parler de ses préférences pour le grand jour (avec ou sans péridurale, dans quelle structure, avec ou sans l’aide du père).

Nous avons ensuite glissé sur un terrain plus médical. Avec un dessin réalisé au fil de la discussion, elle m’a expliqué comment les différents éléments anatomiques interagissaient pour permettre le développement du bébé. A force d’avoir usé mes ouvrages propédeutiques, j’ai pu poser des questions plus précises et apprendre plein de choses. Bon, par exemple : le col de l’utérus n’est pas innervé et l’utérus est un muscle constitué de trois membranes. Ou encore, c’est le liquide pulmonaire, proche du liquide amniotique que le fœtus ingère, qui permet de créer les alvéoles pulmonaires.

Cette leçon d’anatomie passée, nous avons conclu par les motifs de consultation aux urgences. La liste peut intéresser tout le monde :

  • Pertes de sang : elles peuvent provenir du col de l’utérus ou du placenta donc c’est grave donc on file aux urgences sans attendre ;
  • Choc abdominal : si on se cogne le ventre, qu’on a mal, qu’on a un bleu, on file aux urgences ;
  • Contractions utérines ou douleurs : si avant d’être à un mois du terme, on a plus de 10 contractions par jour (eh ! les filles qui ont un utérus contractile, revenez !) ou à partir d’un mois du terme les contractions se modifient dans leur fréquence, leur force, leurs effets ;
  • Perte de liquide (due à une fissure de la poche des eaux) : on la repère à l’aspect (clair comme de l'eau) et à la quantité de liquide ;
  • Bébé qui ne bouge plus ou qui ne bouge pas comme d’habitude. Ca a l’air bête mais on s’habitue tellement à certains de ses mouvements du fait de sa position, on sait tellement vers quelle heure il va bouger… que tout mouvement suspect doit bien être considéré comme suspect ;
  • Fièvre supérieure à 38°C ;
  • Troubles oculaires, maux de tête, œdèmes, bourdonnements d’oreille.

Au fil de la discussion, j’ai découvert une sage-femme très à l’écoute et qui avait l’air de partager le même mode de vie que moi. On a parlé magasin bio dans le quartier, portage (sans écharpe parce que la quantité de trucs à nouer en toute sécurité me paraît peu sécurisante), gestion de la douleur et homéopathie.

Les deux prochains cours porteront sur la manutention (euh… vivement demain que je sache de quoi il est question), les sensations fœtales et la mécanique obstétricale.

Ma sage-femme est formidable !

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Aurélie 02/07/2013 15:33

Ca fait plaisir de lire de si jolies choses sur nous autres sages femmes ;)

sagefemme on the web 01/07/2013 12:34

Merci pour cet article. Cela fait plaisir lorsque les mamans parlent des sages-femmes!