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Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

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Timber !

chute-du-british-museum.jpgMars 2002, juillet 2003, août 2004.  Déjà trois ans que je n'ai plus lu La Chute du British Museum, le meilleur romain anglais jamais écrit portant un titre aussi ridicule. Et croyez-moi, cette hypothèse dernière ne réduit pas tant la liste des possibles...
Comme souvent l'on pourrait croire que le traducteur, en mal de session et mauvaise réécriture, a choisi un titre pompier pour faire vendre le tirage. Que nenni ! c'est bien David Lodge, auteur assumé du roman, qui l'a affublé de cette appellation The British Museum Is Falling Down.

Même futile, l'histoire d'une lecture est toujours importante. Si j'ai lu un jour La Chute etc . ce n'est pas un hasard. A l'été 2001, lorsque j'étais en Roumanie pour mon stage, j'ai voyagé avec quelqu'un qui lisait  Changement de décor. En Roumanie, comme au Maroc, je n'avais pas emporté assez à lire. Toutefois en Roumanie, contrairement à une opinion populaire assez répandue tendant à la légende urbaine, les locaux sont  davantage roumanophones que francophones.  AInsi lorsque je me suis rendue dans une des grandes librairies du Boulevard Magheru, n'ai-je trouvé de disponible en plein mois d'août que les oeuvres littéraires au programme du bac français, parmis lesquels Carmen de Mérimée, Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre et La Bête humaine de Zola. J'étais tellement peu enthousiasmée par ces achats que j'ai gardé le Zola pour la fin et je l'ai lu en mars 2005. Il a donc fallu trouver des mots à se mettre sous les yeux pour la fin du voyage ! 
Justement je suis partie à plusieurs reprises en week end avec des stagiaires dont l'un d'eux qui avait avec lui Changement de décor.  Je ne me souviens pas avoir emprunté le livre. Je me souviens qu'une fois en France j'ai littéralement dévoré, sans attention pour l'assembage chronologique des histoires, Changement de décor, Un tout petit monde, Jeu de société, Hors de l'abri, Thérapie, Nouvelles du paradis... 
C'est au Relais H de la Gare de l'Est que j'ai acheté La Chute etc. au retour des vacances de Pâques et j'en ai lu l'intégralité jusqu'à l'arrivée à Strasbourg.

C'est donc un livre léger (à peine 230 pages), facile à transporter, qui vous offre un bon moment de détente, de réflexion, d'amusement. Un livre comique mais pas seulement.  David Lodge, l'auteur (bis ! pour les familiers) est également professeur de lettre à l'Université de Birmingham et , à ce titre, semble avoir ce que l'on peut nommer une bonne culture littéraire britonne.  Ainsi chaque chapitre pastiche un style anglais connu. L'ensemble pourrait prendre exemple sur Ulysse, que je n'ai jamais réussi à lire (sans doute parce que j'ai voulu m'y atteler en français) car La Chute etc. raconte une journée dans la vie de Adam Appleby, un thésard londonien fervent défenseur du catholicisme Ogino et heureux père d'une marmaille plus que nombreuse.

Pour tout lecteur qui a usé un certain nombre de fonds de pantalons sur les bancs d'une bibliothèque nationale, qui a cherché entre les rayonnages l'inspiration de ses trouvailles, qui a passé de nombreuses heures au café du coin à deviser avec son camarade d'exercice des valeurs d'encadrement des professeurs et des manières d'obtenir un financement,  enfin qui a peiné pour réserver, retrouver, conserver sa place et ses livres, ce document éthologique constitue un véritable guide de survie.


Illustration : Robert Malet Stevens, Salle d'études, ensemble (1928-1929), détail.
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