
Ma journée avait bien commencé : d'une part parce que
j'étais partie pratiquement à temps et qu'il ne pleuvait pas, d'autre part parce que je devais la passer, pour l'essentiel, dans une salle de réunion à participer à une formation sur la
prévoyance dans le cadre de la protection sociale.
8h22, dans ma cuisine, j'écoute
le titre du jour sur France Info. Il était seulement 8h22 et le Président n'avait
pas encore soufflé mot de son nouveau contrat social : en un an, le nombre de PV distribués aux pédalistes est passé de 159 (août 2006) à 668 (août 2007) ! quand je vous disais que les Vélibiens
sont les rois de la resquille : hop, un feu rouge bien mûr ! Il vous en coûtera jusqu'à 90€ d'amende. Et toc !
9h05, Porte de Vincennes, la voix grésillante du machiniste nous annonce que le trafic sera interrompu entre Nation et Châtelet pour cause de colis suspect à la station Saint Paul. Pas de quoi
fouetter un chat pour un parisien, mais juste assez de présence d'esprit pour relever la tête d'un livre excellent (
Comment
les riches détruisent la planète de Hervé Kempf) et galoper jusqu'au RER de Nation. Le long du Cours de Vincennes j'ai vu plein de Parigots regarder, perplexes et déçus, les stations de
Vélib' sans bicyclette en stock.
9h35, Auber, résolument en retard pour tout savoir sur la prévoyance dans le cadre de la protection sociale, de toute façon ça n'a plus d'importance, je traverse tout de même à vive allure le
boulevard Haussemann. Je vois un Vélib' à demi encastré dans une camionette, dont le conducteur corpulant et véhément s'est extrait avec visiblement la ferme intention d'en découdre. Le
cycliste n'est pas en reste, quoi que trois fois moins épais. Le temps que j'ai traversé la rue, je me retrouve sur le trottoir au milieu d'une foule de badauds, touristes ravis du Super8 qu'ils
ramèneront de la capitale, mateurs, que sais-je... les gens prennent des photos et soignent leurs prises de vue mais pas un n'intervient. Les deux protagonistes du micro carambolage sont en train
de se mettre franchement sur la tronche et un gars encore plus petit, bien propre sur lui et tout et tout essaie solitairement de les séparer au milieu de noms d'oiseaux et de grosses mandales.
Pour un argumentaire de choc sur le vélo en liberté en ville (et pas seulement à Paris), consultez
ceci.
17h05, de retour dans mon bureau, je suis ravie d'habiter dans un pays avec une protection sociale aussi développée malgré les carrences de couverture des risques dépendance (j'ai bien suivi mon
cours sur la prévoyance, à différencier de la santé et de la retraite).
00h39, derrière mon ordinateur domestique, j'ai lu la presse et je suis persuadée, et c'est bien dommage, que vu la tournure que prennent les choses, je ferais bien d'investir dans un contrat de
protection sociale individuel par capitalisation et non plus collectif par répartition.