Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.
24 Août 2007
Dans un numéro récent de
Marianne, il y avait un portrait de Rouletabille dans la série estivale des célèbres enquêteurs de notre littérature et, alléchée par les premières lignes et les illustrations, j'ai préféré ne
pas lire l'article mais courir chez mon libraire acquérir à prix modique Le Mystère de la
chambre jaune et Le Parfum de la dame en noire.
Un rapide tour des discussions internet me laisse entrevoir que la plupart des lecteurs ayant posté leur avis sont fans de ce petit journaliste de dix-huit ans, un peu pédant, très sûr de lui
qu'est le jeune Joseph Boitabille. Les lecteurs sont également captivés par l'intringue, entraînés par la narration et ne manqueront pas de vous recommander cette lecture.
Personnellement je ne saurais en faire autant. Deux raisons principales et tant pis si je m'attire les foudres des inconditionnels de Joseph Josephin...
Tout d'abord je trouve l'écriture du roman très lourde et le rythme très lent. Je me rends compte, en lisant un peu de l'histoire de l'histoire, que cela tient très certainement à sa parution
sous forme d'un feuilleton publié dans le journal l'Illustration. Si je me souviens bien de mes cours de lettres,
les romans en feuilleton demandent plus de redite, afin de maintenir le lecteur dans le bain. On note ainsi la multiplication des points de vue et des outils de narration : c'est tantôt l'avocat
Sinclair qui raconte, tantôt les notes du greffier que nous parcourons, ou encore le carnet de Rouletabille... le tout agrémenté de quelques plans fort pratiques pour comprendre les allées et
venues des protagonistes.
En deuxième lieu, je trouve qu'il y a beaucoup de digressions, d'éléments dont on ne saisit pas le sens ni l'utilité et que l'intringue est très / trop longue... à force, on s'y perd un peu et
l'on ne souhaite plus réellement savoir la fin. Même la poursuite de l'assassin dans la galerie intérieure du château m'a semblée fastidieuse. Il y a certains éléments que je n'ai
pas compris à la première lecture et qui m'ont enquiquinée tout le roman : ains Mlle Strangerson devait avoir les cheveux coiffés en bandeaux... mais pourquoi ?
Rouletabille tire des conclusions très rapides d'évènements dont seules certaines parcelles sont portées à notre connaissance. Comme dans les romans d'Agatha Christie, il ne paraît pas possible
de résoudre l'énigme soi-même.
En principe, je n'ai rien contre cette idée. A ce titre j'apprécie particulièrement les enquêtes du commissaire Maigret : l'écriture de Simenon a ceci de très fort qu'elle porte plus sur un
climat que sur un crime. D'ailleurs notre bon Jules passe plus de temps à ruminer des caractères en fumant sa pipe qu'à mener le travail de limier à la Rouletabille. Il paraît toutefois
qu'il y a du surréalisme chez Gaston Leroux et c'est d'ailleurs jean Cocteau qui signe la préface de La Chambre jaune.
Crédits : illustration couverture de Zaitchick (c) Paleo 2003