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Le quotidien de la vie

Le quotidien de la vie

Concilier vie professionnelle de cadre, maternage proximal ou parentalité positive et agriculture biologique sur terrasse en ville.

La complainte du Gébobolah

Après six mois de grossesse, je peux vous avouer sans ambage que la femme enceinte a toujours un pet de travers. Heureusement, femme varie et ses maux aussi…

Les petits maux du premier trimestre

Les premières semaines, le corps se modifie déjà même si la femme enceinte est la seule à s’en rendre compte. On peut commencer à ressentir des douleurs pelviennes. Par exemple une sensation de point de côté qui provient fréquemment de l’ovaire qui a ovulé car il va être très sollicité au début de la grossesse pour produire les hormones nécessaires à la nidation et au développement de l’œuf (dixit mon gynécologue que j’avais contacté pour ce souci). Attention toutefois car cette sensation peut aussi être occasionnée par le développement d’une grossesse extra-utérine. Il faut donc en parler à votre médecin et ne pas faire comme si de rien n’était.

Il paraît que les nausées sont une sorte de légende urbaine qui ne toucheraient qu’un quart des femmes. J’espère que c’est vrai. Il paraît aussi qu’elles ne surviennent que le matin. Je sais que c’est faux. A partir du début du deuxième mois de grossesse, on peut donc avoir des nausées assorties ou pas de vomissement et qui ont lieu le matin ou au moment des repas ou en fin de journée. Il est dit que pour éviter ces nausées, il ne faut pas avoir l’estomac vide… oui, bon, pourquoi pas (pour les nauséeuses du matin, garder un gâteau sur votre table de nuit à manger avant de vous lever ; pour les nauséeuses du soir, prenez un goûter vers 16h30 dixit ma mère et toutes les grand-mères du monde occidental). Il me semble que quand on est sujette aux nausées, on ne peut pas faire grande chose contre. Il faut surtout prendre son mal en patience car dans la plupart des cas, elles s’arrêtent miraculeusement à la fin du troisième mois. Si c’est trop insupportable, mieux vaut en parler à un médecin.

Au premier trimestre, la femme enceinte se transforme en véritable marmotte. Cet état de somnolence permanente, particulièrement marquée après les repas, est en fait une réaction physiologique à la production accrue de progestérone. C’est cette hormone nécessaire au développement du fœtus qui provoque la somnolence de la femme enceinte. Et comme l’hormone est secrétée en continue, dormir ne change rien à la fatigue ! Ainsi, aux deuxième et troisième mois, la femme enceinte aura envie de dormir, dormira (bien, voire très bien, profitez-en mesdames) mais la sensation de fatigue perdurera. Cette hormone qui fatigue ralentirait en fait notre fonctionnement interne avec, pour conséquence, une digestion nettement moins rapide. Elle cause ainsi des désordres intestinaux surprenants comme la constipation et l’émission de pets monstrueux (digestion ralentie = fermentation accrue). N’ayons pas honte, c’est la nature et on n’est pas dans Belle du Seigneur… Si la phase de sommeil intense prend généralement fin en même temps que les nausées, les désordres digestifs perdurent jusqu’à l’accouchement.

A priori, l’essoufflement serait l’apanage du troisième trimestre mais on peut être essoufflée dès le début de la grossesse. Assez essoufflée pour ne pas pouvoir faire une présentation orale à la vitesse habituelle lors d’une réunion professionnelle. Assez essoufflée pour devoir faire une pause au milieu des escaliers du métro. Ce n’est pas grave. Il faut admettre que le corps évolue. Au fur et à mesure de la grossesse, il va brasser de plus en plus de sang pour s’alimenter ainsi que le placenta. Ce peut toutefois être le signe d’un problème de tension artérielle donc encore une fois, en parler au médecin est la bonne stratégie.

La femme enceinte de 6 semaines a déjà l’impression d’avoir du ventre et ceux qui sont dans la confidence se moquent gentiment d’elle : « mais oui, mais oui, tu as du ventre… ». Même si ce n’est pas le ventre de la femme enceinte de 24 semaines, la femme enceinte de 6 semaines peut effectivement sentir son ventre se modifier, surtout si elle avait le ventre plutôt plat. Il n’est donc pas rare, dès cette date pour les femmes plutôt minces et qui s’habillent généralement près du corps, de devoir trouver des tenues plus adaptées. Le ventre n’est pas la seule partie de l’anatomie féminine à se modifier du fait de la grossesse. La poitrine suit un développement, un grossissement devrais-je dire, plus ou moins analogue quoi que nettement plus rapide. En six semaines, on se retrouve facilement avec le décolleté de La Cicciolina. Règle numéro un, trouver des sous-vêtements adaptés (pas besoin de faire des folies, certains modèles de DIM sont tout à fait adéquats). Règle numéro deux, nourrir la peau (j’utilise de l’huile d’amandes douces achetée en pharmacie que j’applique deux fois par jour). Règle numéro trois, se caler pour dormir si on dort sur le côté ou sur le ventre (avec un coussin par exemple, cela éviter une sensation de tiraillement qui, de toute façon, empêche de dormir). Ces douleurs désagréables s’estompent généralement au milieu du deuxième trimestre pour disparaître au milieu du sixième mois.

Enfin, et non des moindres, les douleurs ligamentaires. Elles vont durer peu ou proue toute la grossesse. Il s’agit en fait du travail que font les ligaments du bassin pour s’étendre et permettre à la femme d’adopter progressivement sa morphologie de femme enceinte. Les os du bassin se relâchent, l’utérus s’étire… cela provoque des douleurs parfois très désagréables qui s’apparentent à des contractures musculaires localisées le plus souvent au niveau de l’aine. Ces douleurs sont particulièrement ravivées si vous éternuez en gardant toute la classe qui sied à une femme bien élevée. Si vous souffrez de telles douleurs, ne vous gênez plus : éternuez la bouche grand ouverte en faisant grand bruit, la douleur sera nettement diminuée. Certains mouvements réveillent également ces contractures : par exemple si vous essayez de vous relever en vous retournant (dans votre lit, sur un canapé), la torsion peut être fatale ! C’est désagréable pour vous mais sans risque pour le bébé et ce ne sont pas des contractions.

A part tout ça et en vrac, je peux aussi dire qu’au premier trimestre j’avais souvent soif, souvent les mains sèches, souvent des démangeaisons.

Le deuxième trimestre : une prétendue sérénité

S’il est une idée franchement répandue parmi mes collègues de travail (surtout des hommes en fait), c’est que premier trimestre rime avec fatigue et nausées, troisième trimestre avec douleurs dorsales et contractions et deuxième trimestre avec tout va bien les gars, je suis à fond.

Pour moi le deuxième trimestre a donc duré le temps du quatrième mois. Enfin libérée de mon secret j’ai pu mettre les vêtements qui me convenaient, ranger mes escarpins et mes jupes cintrées. Les nausées et la somnolence perpétuelle s’en sont allées. Je me suis remise au sport (enfin au yoga prénatal). Bref, c’était la belle vie jusqu’au jour où j’ai eu mal au dos.

C’était au début du cinquième mois. (Mal) Assise sur mon siège de bureau j’ai commencé à ressentir une douleur intense (et atroce) au niveau du rein gauche. J’avais tellement mal que je suis allée m’allonger dans les toilettes… et que je me suis dit que finalement la péridurale se serait sans doute géniale, le jour J. J’ai foncé chez le médecin qui m’a prescrit une analyse d’urine car l’infection urinaire est un risque lié à la grossesse et qui peut avoir des conséquences sérieuses (pour la mère et l’enfant). Pour éviter au maximum les infections urinaires, il faut boire au moins 1,5l d’eau par jour et aller aux toilettes chaque fois que nécessaire (oui, même au milieu d’une réunion importante qui dévoile les projections de croissance de l’entreprise). Finalement c’était une lombalgie, c’est-à-dire une douleur des lombaires, cette partie du dos qui va du sacrum aux reins. Il est très compliqué de donner des médicaments à une femme enceinte, la parade est donc le plus souvent de se reposer. Je suis restée allongée cinq jours et j’ai repris ma vie beaucoup plus lentement. Mon temps de trajet s’est considérablement allongé… pour faire les 500m qui me séparent de ma station de train, je ne mettais plus 5 mais 10 ou 12 minutes…

Au milieu du cinquième mois, j’étais de plus en plus fatiguée avec ma lombalgie traînante. Je me suis mise à dormir de moins en moins bien, à être réveillée toutes les nuits à 3h30 sans pouvoir me rendormir, bref à souffrir d'insomnie. Je me rassurais en me disant que dans le sommeil, l’important ce sont les premières heures car c’est ce premier sommeil qui est réparateur. Mais j’étais très fatiguée.

En prenant soin d’écouter mon corps, je me suis rendue compte que j’avais des contractions (la nuit, le jour, en marchant, en parlant, sans rien faire). Là, toutes les femmes qui n’ont jamais été enceinte avant sont suspendues à mon billet pour savoir comment reconnaître une contraction. Les premières contractions que j’ai identifiées dataient du quatrième mois. En fait je sentais vaguement que quelque chose changeait dans mon abdomen et lorsque je posais mes doigts au-dessus de mon pubis, je me rendais compte qu’il était impossible de les enfoncer, tant mon ventre était dur. Ces petites contractions sont bénignes et normales. Non douloureuses, elles sont en fait un moyen pour l’utérus de s’entraîner à ce qui l’attend. Par la suite, l’utérus grossissant, on les sent et on les identifie de mieux en mieux. La contraction commence généralement par une légère pression des deux côtés de l’abdomen (on dirait que quelque chose nous tire le ventre vers l’avant) puis on sent l’abdomen se raidir et on constate qu’il est impossible de planter ses doigts dedans. A ce stade, la contraction dure de 20 à 60 secondes. En général, on dit qu’à cinq ou six mois de grossesse on n’a pas plus de 10 contractions par jours. Si vous avez plus de dix contractions par jour et/ou que vos contractions durent plus de une minute, il faut absolument vous rendre à la maternité, décrire vos symptômes et demander la réalisation d’un monitoring.

Le monitoring est un examen indolore qui permet d’enregistrer les contractions de votre utérus (il est toujours rassurant de savoir qu’on ne s’est pas trompé en ressentant quelque chose d’inconnu) et le rythme cardiaque de votre bébé pour s’assurer qu’il va bien. En général, il est suivi d’un touché vaginal qui permet à la sage-femme qui vous ausculte de déceler toute modification du col de l’utérus. En cas de doute, il peut être décidé de procéder à une échographie du col de l’utérus. En effet, les contractions peuvent avoir un effet délétère sur le col, en le ramollissant, le raccourcissant ou en provoquant son ouverture prématuré. De telles conséquences sont dangereuses pour l’enfant et constituent dans certains cas une menace d’accouchement prématuré.

Ces contractions peuvent aussi être sans effet sur le col mais révèlent alors un utérus contractile ou irritable. Cet utérus est très sensible à son environnement et se contracte à la moindre contrariété : stress, marche à pied un peu longue à son goût, douleur dorsale, mouvement du bébé, digestion difficile, etc. En général, le médecin décide d’un traitement à base de repos et de médicaments antispasmodiques. Depuis je reste assise dans mon canapé avec les jambes allongées et je bois des infusions de mélisse (un antispasmodique naturel au goût d’algue wakamé). On se demande pourquoi rester au repos si ce n’est pas dangereux ? D’abord parce que ça pourrait le devenir, à la longue mais aussi parce que c’est juste épuisant. Un muscle qui se contracte ainsi tout le temps, c’est comme de bénéficier d’une séance de Slendertone quatre fois par jour. Sans les tablettes de chocolat.

Enfin au deuxième trimestre, la plupart des futures mamans ont la joie de sentir les premiers mouvements de leur enfant. En général c’est vers la fin du quatrième mois en cas de première grossesse et au début ce ne sont que des sensations très diffuses, comme des petites bulles qui nous remonteraient à l’intérieur du ventre. Parfois difficiles à différencier des problèmes de transit. Au fil des semaines, les mouvements sont beaucoup plus nets et rassurants. On en vient à paniquer lorsque le bébé ne se manifeste plus ou plus autant. A ce stade, le bébé a encore une belle liberté de mouvements… de ce fait, il change fréquemment de position et certaines seront moins favorables que d’autres au ressenti du mouvement par la future maman. D’autres seront carrément désagréables, comme les coups de pieds, très très bas, qui donnent le sentiment que le bébé va réussir à passer sa jambe à travers toutes les barrières que la nature lui impose jusqu’à l’accouchement. Une solution, la seule à part la patience, est de se mettre soi-même dans une position qui va permettre au bébé de remonter dans sa cavité abdominale. Il pèsera moins sur le vagin et sur la vessie. Le mieux est soit de s’allonger sur le dos et se massant doucement le bas du ventre pour le faire remonter, soit de se mettre dans la posture du chien pendant plusieurs secondes. Certaines personnes disent que l’on peut aussi demander au bébé de se déplacer. Quitte à passer pour une illuminée c’est ce que je fais lorsque je me mets dans la posture du chien. En général il est assez coopératif et ça fonctionne.

A suivre pour le troisième trimestre…

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